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Étude CDC sur vaccin COVID bloquée, publiée dans JAMA

Une étude du CDC sur l'efficacité du vaccin contre le COVID-19, bloquée par le directeur par intérim Jay Bhattacharya, a été publiée ce mardi 23 juin 2026 dans la revue JAMA Network Open. Les données révèlent que le…

Le bras de fer autour de la « conception test-négatif »

Une étude du CDC sur l’efficacité du vaccin contre le COVID-19, bloquée par le directeur par intérim Jay Bhattacharya, a été publiée ce mardi 23 juin 2026 dans la revue JAMA Network Open. Les données révèlent que le vaccin 2025-2026 réduit les hospitalisations de 55 % et les visites aux urgences de 50 %.

L’analyse, initialement prévue pour paraître en mars dans le rapport scientifique hebdomadaire du CDC (MMWR), a finalement trouvé refuge dans JAMA Network Open, une revue médicale à comité de lecture. Ce passage d’une publication institutionnelle à une revue indépendante fait suite à un veto interne basé sur des critiques méthodologiques, alors même que le texte avait déjà été approuvé par les éditeurs du MMWR.

Le bras de fer autour de la « conception test-négatif »

Le point de friction central repose sur l’utilisation d’une conception test-négatif, une méthode qui compare le statut vaccinal des personnes testées positives au COVID-19 avec celui de personnes testées négatives présentant des symptômes similaires. Selon NBC News, Jay Bhattacharya a contesté cette approche, affirmant préférer les études de cohorte longitudinales, qu’il considère comme une conception plus solide. Cependant, les auteurs de l’étude soutiennent que la méthode test-négatif est une méthode pratique et efficace pour évaluer rapidement les vaccins en conditions réelles. Des experts soulignent que cette approche est plus rentable, fournit des résultats plus rapides et permet de comparer des groupes ayant une probabilité similaire de solliciter des soins médicaux.

Les estimations de l’efficacité du vaccin produites par cette méthode pourraient être une surestimation ou une sous-estimation ; il est impossible de le dire.

Le bras de fer autour de la « conception test-négatif »
Photo: Gavi, the Vaccine Alliance
Jay Bhattacharya, directeur par intérim du CDC Pour certains employés du CDC, ce blocage a été perçu comme une interférence politique. L’un d’eux a confié que c’est juste étrange que ce soit devenu la différence entre le fait qu’une chose soit publiée ou non dans le MMWR.

Une réduction des formes graves de 50 % à 55 %

Une réduction des formes graves de 50 % à 55 %
Photo: NBC News
L’étude, dirigée par le Dr Ryan Wiegand du CDC, a analysé les données de plus de 111 000 adultes à travers sept États américains entre septembre et décembre 2025. Les résultats, relayés par Gavi, the Vaccine Alliance, démontrent une protection significative contre les issues les plus sévères.
Indicateur de protection Efficacité globale (Adultes) Efficacité (65 ans et plus)
Réduction des visites aux urgences / soins urgents 50 % 48 %
Réduction des hospitalisations 55 % 53 %
Ces chiffres sont d’autant plus notables que les participants possédaient déjà une immunité résiduelle issue d’infections antérieures ou de doses précédentes. Les chercheurs précisent que les résultats démontrent l’avantage ajouté de la vaccination COVID-19 2025-2026, indépendamment de la protection conférée par une vaccination COVID-19 antérieure ou une infection par le SARS-CoV-2.

Interférences politiques et exigences de rigueur

CDC signs off on new vaccine policy for Covid
Le blocage de l’étude intervient dans un climat de tension institutionnelle. Robert F. Kennedy Jr., secrétaire au département de la Santé et des Services sociaux (HHS) qui supervise le CDC, a un historique d’activisme anti-vaccins, ayant qualifié le vaccin contre le COVID-19 de le vaccin le plus meurtrier jamais fabriqué en 2021. Face aux accusations d’ingérence, Emily Hilliard, porte-parole du HHS, a défendu la décision en invoquant la nécessité d’une rigueur scientifique absolue. Elle a déclaré que le CDC protège la santé du public en fournissant des informations précises, transparentes et dignes de confiance et qu’il est toujours préférable de prendre le temps de s’assurer que les analyses sont méthodologiquement saines et communiquées clairement plutôt que de risquer une erreur.

Un constat alarmant sur la faible vaccination

Malgré l’efficacité prouvée du rappel, le taux d’adoption reste critique. Selon les données analysées par CIDRAP, seulement 11 % des patients inclus dans l’étude du CDC avaient reçu le rappel 2025-2026. Cette tendance se confirme à l’échelle internationale. Une étude distincte menée par le groupe VEBIS en France, Allemagne, Irlande, Italie et Espagne a révélé que :
  • La vaccination a réduit le risque d’infection symptomatique nécessitant une consultation médicale de 59 % chez les personnes âgées.
  • L’efficacité a fluctué dans le temps, passant de 64 % (entre 14 et 41 jours après l’injection) à 52 % (entre 42 et 83 jours).
  • Seulement 6 % des patients testés positifs étaient vaccinés, contre 19 % parmi ceux testés négatifs.
L’écart entre l’efficacité technique du vaccin et son utilisation réelle suggère un manque à gagner considérable en termes de prévention des hospitalisations, particulièrement chez les seniors qui restent la population la plus vulnérable. Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute décision concernant votre santé ou vos vaccinations, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.