Le Portugal a placé 12 de ses 18 districts continentaux en vigilance rouge ce vendredi 3 juillet 2026 pour faire face à une canicule extrême. Avec des températures atteignant 44 °C, le pays mobilise jusqu’à 1 200 pompiers pour combattre des incendies ayant déjà ravagé 10 000 hectares dans le nord.
Une vigilance rouge pour 12 districts et des pics à 44 °C
La péninsule ibérique subit une vague de chaleur intense caractérisée par des niveaux d’humidité extrêmement bas et des vents dépassant les 70 kilomètres par heure. Selon L’Humanité, les températures maximales ont déjà franchi la barre des 40 °C localement et pourraient culminer à 44 °C. Cette situation a conduit l’agence météorologique portugaise à déclencher l’alerte maximale sur la majeure partie du territoire, incluant la région de Lisbonne.
Le ministre de l’Intérieur, Luis Neves, a décrit la situation comme une poudrière lors d’un déplacement à Leiria. Il a insisté sur le fait que les comportements humains doivent être strictement encadrés pour éviter des catastrophes, précisant que les petits moments de négligence provoquent de grandes catastrophes.
Pour limiter les risques, les autorités ont interdit dans certaines zones rurales l’utilisation de machinerie forestière, d’équipements de découpe à lames métalliques, ainsi que le lancement de lanternes et l’usage de dispositifs pyrotechniques.
La lutte contre les brasiers : 10 000 hectares ravagés dans le Nord
L’état d’urgence climatique se traduit par des départs de feux massifs. RFI rapporte que 10 000 hectares ont déjà brûlé dans le nord du Portugal cette semaine. Des foyers actifs sont également signalés dans le sud, notamment dans la région de Setubal.

Les sources divergent légèrement sur les effectifs déployés : RFI mentionne 1 000 pompiers mobilisés, tandis que L’Humanité fait état de 1 200 sapeurs-pompiers assistés par la gendarmerie et des moyens aériens. Ces forces interviennent sur quatre fronts principaux : Cinfães, Barcelos, Castelo de Paiva et Vouzela.
La situation à Vouzela est particulièrement préoccupante avec au moins sept blessés, dont deux pompiers touchés aux yeux. Le commandant local a qualifié l’incendie de feu de vent, caractérisé par des projections de flammes à grande distance.
Face à l’ampleur du sinistre, le gouvernement portugais a activé le mécanisme européen de protection civile et sollicité des renforts auprès de l’Espagne et du Maroc.
Le déploiement des refuges climatiques et le suivi des personnes isolées
Parallèlement à la lutte contre les flammes, les municipalités s’organisent pour protéger les populations vulnérables. Dans le village de Vale de Figueira, près de 150 personnes sont considérées comme particulièrement fragiles. Orange Actualités rapporte que les équipes municipales effectuent des visites à domicile pour s’assurer que les personnes âgées supportent la chaleur.
« Nous ne pouvons pas faire de la protection civile uniquement derrière un ordinateur.
Filipe Almeirante, coordinateur municipal de la protection civileL’enjeu est critique pour les seniors, souvent déconnectés des alertes diffusées sur les réseaux sociaux. Pour pallier ce manque, le gouvernement a demandé l’identification de refuges climatisés. Ce réseau comprend des bâtiments publics, mais aussi des lieux privés comme des églises, des centres commerciaux ou des hôtels.
L’efficacité de ces structures reste toutefois mitigée. Ramiro Pereira, sacristain d’une église de Santarém, a observé que si ces mesures sont utiles, peu de personnes s’y rendent car, lors de pics de chaleur, les gens préfèrent rester chez eux.
L’ombre du traumatisme de 2017 et l’urgence régionale
L’angoisse actuelle du Portugal s’ancre dans un précédent historique. Le pays craint de revivre le traumatisme de 2017, année où des incendies, notamment celui de Pedrógão Grande, avaient causé plus d’une centaine de victimes et réduit en cendres 500 000 hectares.

Cette crise ne se limite pas aux frontières portugaises. Elle s’inscrit dans une tendance européenne où la saison des incendies a pris un mois d’avance. En Espagne, un feu près de la Costa Brava a déjà consumé 2 200 hectares, entraînant le confinement d’une dizaine de communes et l’intervention de l’armée.
En France, six départements étaient encore en vigilance rouge. Dans les Pyrénées-Orientales, un incendie à Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon a forcé l’évacuation de plus de 3 000 personnes et détruit trois campings ainsi que 281 bungalows.
Le gouvernement portugais prévoit de réévaluer la situation le lundi 6 juillet. D’ici là, la combinaison de vents forts et de sécheresse extrême maintient le pays dans un état de vulnérabilité maximale.
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