La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé, dans un avis publié le lundi 20 juillet 2026, de rendre obligatoire la vaccination annuelle contre la grippe pour l’ensemble des professionnels de santé, qu’ils soient salariés ou libéraux.
Personnel et publics concernés par la mesure
L’avis de la HAS cible plusieurs catégories de professionnels pour cette obligation vaccinale :
- Tous les professionnels de santé, incluant les salariés et les libéraux.
- Les étudiants des filières médicales et paramédicales.
- Les personnels des établissements de santé et médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, spécifiquement ceux en contact avec des personnes à risque de forme sévère, tels que les aides à la vie quotidienne ou le personnel impliqué dans les soins d’hygiène.
L’autorité précise que cette mesure doit être déployée en priorité dans les unités de soins de longue durée et les Ehpad. Ce choix s’explique par la vulnérabilité des résidents, dont les trois quarts sont âgés de 75 ans et plus, et par leurs contacts « étroits, répétés et prolongés avec les soignants », rapporte Actu.fr.
En revanche, la HAS ne recommande pas l’obligation vaccinale pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité. L’instance justifie ce maintien d’une simple recommandation par un taux de couverture vaccinale déjà élevé (82,7 %), dépassant le seuil de 75 % préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et par des considérations éthiques liées au fait que les Ehpad sont des lieux de vie, indique la Haute Autorité de Santé.
Calendrier et modalités de mise en œuvre
Pour devenir effective, cette recommandation doit faire l’objet d’un décret en Conseil d’État qui précisera les modalités et les personnels concernés. Concernant les structures d’exercice libéral, les hôpitaux et les autres établissements médico-sociaux pour personnes âgées, la HAS suggère un « déploiement progressif sur une période de deux ans renouvelables un an, dans un cadre concerté » pour assurer l’acceptabilité et la faisabilité de la mesure.

Ce positionnement fait suite à un rapport de l’Académie de médecine publié en mai et s’inscrit dans un cadre législatif où la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, votée en décembre, prévoyait déjà une obligation pour les soignants libéraux sous réserve d’un avis de la HAS.
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Enjeux sanitaires et impact sur le système de soins
La HAS justifie l’urgence de cette mesure par le risque accru de transmission du virus des professionnels vers les patients. L’impact sanitaire est significatif :
- Mortalité : La grippe 2025-2026 a causé 12 700 décès, tandis que l’épidémie précédente avait fait 17 900 morts.
- Hospitalisations : En 2024-2025, on a dénombré 92 000 hospitalisations et un excès de mortalité d’environ 17 000 décès. En 2023-2024, elles étaient au nombre de 53 000, dont 26 500 chez les plus de 65 ans.
- Coût et tension : La maladie coûte entre un et deux milliards d’euros et provoque des déprogrammations d’opérations et des plans blancs en raison de la concentration de la saison sur 10 à 12 semaines.

L’autorité souligne également que le fardeau de la grippe a été longtemps sous-estimé avant la pandémie de Covid-19, notamment à cause d’une faible utilisation des tests diagnostiques et d’une reconnaissance tardive du rôle du virus dans l’aggravation de maladies cardiaques et chroniques.
Réactions et controverses professionnelles
Le ministère de la Santé a annoncé reprendre cette recommandation à son compte. Anne-Claude Crémieux, présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS, a affirmé qu’il y avait « urgence », selon Le Parisien.
Toutefois, les avis divergent parmi les syndicats et organisations :
- Soutiens : La Fédération hospitalière de France (FHF) et la FNI, dont le président Daniel Guillerm, considèrent la mesure comme indispensable pour la santé publique et l’exemplarité. Thierry Amouroux (SNPI) rappelle que le vaccin antigrippal est utilisé depuis longtemps sur des milliards de personnes, contrairement au vaccin Covid-19.
- Oppositions : Ghislaine Sicre, présidente de Convergence infirmière, s’inquiète que l’ajout d’obligations dans un contexte d’épuisement professionnel puisse pousser certains soignants à déserter, notamment en Outre-mer.
- Craintes logistiques : Eric Fregona, directeur adjoint de l’AD-PA, anticipe des difficultés de mise en œuvre et un risque de détérioration du climat social, notant que le timing est mauvais après trois canicules.
L’avis de la HAS rappelle enfin qu’en 2006, une obligation vaccinale avait été instaurée en Ehpad et à l’hôpital, mais elle avait été suspendue par décret avant application car le surrisque chez les soignants n’était pas démontré à l’époque.
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