En Turquie, la province occidentale d’Izmir a été durement touchée. Le ministre des Forêts, Ibrahim Yumakli, a rapporté que des incendies ont fait rage pendant deux jours, alimentés par des vents forts. L’autorité turque de gestion des catastrophes et des urgences a précisé que sur les 50 000 personnes évacuées dans cinq régions, 42 000 proviennent seules d’Izmir.
Incendies et évacuations massives en Turquie et en France
La situation s’est étendue à d’autres zones :
- Dans les Pyrénées, plus de 11 000 acres ont été brûlés, entraînant l’évacuation de 10 000 personnes dans près de 30 villages et villes.
- À Marseille, des vols ont été suspendus à l’aéroport en raison d’un incendie se propageant près de la ville portuaire.
- Météo France a placé 84 départements sur 101 en alerte orange, et les départements du Var et de Vaucluse sont en alerte rouge pour les risques d’incendies de forêt.
Bilan sanitaire critique au Portugal et alertes en Espagne
Le Portugal enregistre les conséquences les plus lourdes en termes de mortalité. La Direction générale de la santé (DGS) a rapporté 284 décès durant la vague de chaleur actuelle. Les données préliminaires indiquent que plus de 70% de ces décès, survenus entre le 28 juin et début juillet, concernent des personnes de plus de 85 ans.
Le pays a connu un pic extrême fin juin, avec une température record de 46,6 °C enregistrée à Mora, à environ 100 kilomètres à l’est de Lisbonne. L’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère prévoit que la canicule durera au moins jusqu’au milieu de la semaine, avec des risques persistants dans la région de l’Alentejo et des températures pouvant atteindre 40 °C dans les vallées du Douro et du Tage.
En Espagne, le service météorologique national AEMET a averti que le pays s’orientait vers son mois de juin le plus chaud jamais enregistré. À Séville, où se tenait une conférence des Nations Unies, le thermomètre a atteint 42 °C. Dans la province de Tarragone, au nord-est, plus de 18 000 résidents ont été confinés à cause d’un incendie ayant débuté près du village de Pauls. Ce feu a été aggravé par des rafales de vent atteignant 90 km/h, nécessitant le déploiement d’une unité militaire d’urgence pour soutenir plus de 300 pompiers.
Perturbations systémiques en Italie, Allemagne et Hongrie
L’impact de la chaleur dépasse le cadre sanitaire pour affecter l’économie et les infrastructures. En Allemagne, les températures sont montées jusqu’à 34 °C, poussant les autorités à demander aux consommateurs de limiter leur consommation d’eau. Le niveau du Rhin a baissé, ce qui entrave le transport maritime et augmente les coûts du fret pour les propriétaires de marchandises.

L’Italie a réagi par des mesures d’urgence : le ministère de la Santé a émis des alertes rouges pour 16 villes, dont Rome et Milan. Dans la région de Lombardie, le président a prévu d’interdire le travail en plein air pendant les heures les plus chaudes de la journée, répondant à une demande des syndicats.

Parallèlement, la Hongrie a subi un basculement météorologique brutal. Des tempêtes ont causé des dommages massifs, laissant 150 000 foyers sans électricité et paralysant le trafic ferroviaire. Le ministre de la Construction et des Transports, János Lázár, a précisé que la remise en service des voies électrifiées pourrait prendre des jours, voire des semaines. Le météorologue László Molnár a décrit un contraste saisissant pour le mercredi suivant, avec des températures ressenties proches de 10 °C et des vents de 60 à 70 km/h.
Un phénomène global : du bassin méditerranéen à l’Australie
Cette instabilité climatique n’est pas limitée à l’Europe. En Australie, le sud-est a subi une vague de chaleur record pendant cinq jours consécutifs fin janvier 2026. Dans l’État de Victoria, des températures de 48,9 °C ont été enregistrées dans la région de Mallee, le record absolu de l’État. David Crock, prévisionniste au Bureau de la météorologie australienne, a souligné que la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur ont augmenté depuis l’an 2000 en raison du changement climatique.
L’ampleur du risque est corroborée par Swiss Re, qui indique que la chaleur extrême tue jusqu’à 480 000 personnes par an dans le monde, un bilan qui surpasse celui des inondations, des tremblements de terre et des ouragans réunis. Le service Copernicus de l’UE a ajouté que la température moyenne à la surface du globe le mois dernier était supérieure de 1,4 °C à celle de la période préindustrielle.
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