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Corée du Nord : Kim Yo-jong Rejette les Appels de l’Asean à la Dénucléarisation

by Clara Dubois

La Corée du Nord a fermement rejeté, le 27 juillet 2026, les appels à la dénucléarisation émis par l’Asean et d’autres puissances régionales lors d’un sommet à Manille. Pyongyang, via Kim Yo-jong, qualifie ces exigences de tentatives vaines de nier et de violer les droits constitutionnels, affirmant que son statut d’État nucléaire est désormais irréversible et inscrit dans sa constitution.

Le ton est monté d’un cran entre Pyongyang et les diplomaties d’Asie du Sud-Est. Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle KCNA, Kim Yo-jong, haute responsable nord-coréenne et sœur du dirigeant Kim Jong-un, a exprimé une vive insatisfaction face à l’attitude du forum de l’Asean, l’accusant de s’aligner sur la propagande américaine.

Cette réaction fait suite à une réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères du Forum régional de l’Asean (ARF) tenue à Manille. Le forum y a publié une déclaration exigeant la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne pour la deuxième année d’affilée, manifestant une profonde inquiétude face au développement des missiles balistiques et des armes nucléaires nord-coréennes.

La doctrine du bouclier nucléaire de Kim Yo-jong

Pour Pyongyang, la question de la dénucléarisation n’est plus un sujet de négociation. Kim Yo-jong a martelé que la dissuasion nucléaire constitue le bouclier ultime protégeant la souveraineté nationale. Elle a ajouté que la position de la Corée du Nord en tant qu’État nucléaire responsable est irréversible et immuable, indépendamment des déclarations extérieures.

Photo: Businessam

Cette fermeté s’appuie sur des actes législatifs et matériels. Le pays a inscrit la politique de renforcement de ses forces nucléaires dans sa constitution en septembre 2023. Parallèlement, Kim Jong-un a ordonné une expansion exponentielle de l’arsenal, affirmant en juin que la capacité de production de matières nucléaires de qualité militaire a plus que doublé au cours des cinq dernières années.

Le pivot stratégique de Séoul : la “Paix d’abord”

Face à ce constat, la Corée du Sud opère un virage diplomatique majeur. Le gouvernement de Lee Jae-Myung, arrivé au pouvoir en juin 2025, a de facto abandonné la politique de dénucléarisation d'abord héritée des administrations précédentes.

Qui est Kim Yo-jong, la sœur du président nord-coréen ?

Le ministre de l’Unification, Chung Dong-young, a expliqué que l’insistance sur un démantèlement préalable du programme nucléaire avait conduit à une impasse. La nouvelle stratégie privilégie désormais le gel des avancées nucléaires plutôt qu’un désarmement total immédiat pour tenter de relancer le dialogue.

Ce changement de paradigme s’accompagne de mesures sociales. Le ministère de la Réunification demande désormais aux médias de remplacer le terme transfuge (talbukmin) par personnes originaires du Nord (bukhyangmin) afin de faciliter l’intégration des Nord-Coréens au Sud, selon les informations de Business AM.

Tensions trilatérales et blocages à Manille

Malgré l’ouverture de Séoul, la coordination avec Washington et Tokyo reste centrée sur la pression. Lors d’une rencontre à Manille mercredi dernier, le ministre des Affaires étrangères américain Marco Rubio, le ministre des Affaires étrangères japonais Toshimitsu Motegi et le ministre des Affaires étrangères sud-coréen Cho Hyun ont insisté sur l’importance de maintenir une approche intégrée de la Corée du Nord.

Photo: Vietnam

Pyongyang a réagi avec virulence à ce front commun, accusant les trois pays d’être les principales causes de l’instabilité dans la région et d’utiliser le forum de l’Asean pour justifier leurs intérêts. La Corée du Nord a explicitement demandé à ce trio de ne plus soulever la question de la dénucléarisation, affirmant que le sujet avait été résolu définitivement et ne peut pas être modifiée.

L’escalade est également alimentée par des mouvements militaires concrets. Kim Yo-jong a justifié le renforcement des capacités de défense de son pays par l’approbation récente par Washington de la vente de bombes à guidage de précision et d’équipements connexes à la Corée du Sud.

Un dialogue rompu et des positions irréconciliables

La situation actuelle révèle un fossé profond entre les ambitions de stabilité régionale et la réalité nucléaire du terrain. Alors que l’Asean et ses partenaires appellent à une péninsule dénucléarisée, Pyongyang se positionne comme un État dont le statut nucléaire est totalement irréversible.

Un visiteur observe le territoire nord-coréen depuis l'observatoire de la réunification à Paju, en Corée du Sud, le 25
Photo: Noovo

Le tableau des positions actuelles souligne l’ampleur du blocage :

  • L’Asean et le trio USA-Japon-Corée du Sud : Maintiennent l’objectif d’une dénucléarisation complète et pacifique, tout en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
  • Le gouvernement de Lee Jae-Myung : Tente une approche de transition vers la paix, acceptant de geler le programme nucléaire plutôt que d’exiger son démantèlement immédiat.
  • Le régime de Kim Jong-un : Refuse toute discussion sur la dénucléarisation, modernise continuellement son arsenal et considère ses armes nucléaires comme la garantie suprême de sa survie.

L’absence de la Corée du Nord aux réunions de l’ARF pour la deuxième année de suite, conjuguée au renforcement de ses liens avec la Russie, laisse planer un doute sur la viabilité d’un retour prochain au dialogue diplomatique.

Kim Jong Un’s Sister Warns U.S.: North Korea Will Never Give Up Its Nukes | APT

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