Gianni Infantino, président de la FIFA, a annoncé un projet visant à vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés via une société dénommée FFE, suscitant une forte opposition de l’UEFA et d’autres fédérations.
Le projet de la FIFA : une société pour gérer les droits commerciaux
Cette initiative, dévoilée mardi par communiqué, vise à lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars en attirant des investisseurs privés minoritaires, selon l’instance.
Le projet, travaillé en collaboration avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner (gendre de Donald Trump), a été confirmé par la FIFA dans un communiqué. « L’administration de la FIFA explore l’idée de réunir tous les droits commerciaux – diffusion, sponsoring, billetterie – à travers la FFE », indique l’organisation, qui affirme vouloir « exploiter pleinement le potentiel des droits de diffusion et des contrats de sponsoring ».
Une opposition massive de l’UEFA et des fédérations européennes
L’UEFA a réagi avec une « opposition grandissante et significative » à ce projet, qualifiant la démarche de « véritable tollé ». « La FIFA ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s’enrichir elle-même et ses amis », a déclaré l’UEFA, selon DW. La fédération allemande a décrit le projet comme une « attaque absolue contre le football », tandis que Javier Tebas, président de la Ligue espagnole, a pointé un « mélange entre politique, discipline, argent et pouvoir sans transparence ».
Les réactions négatives ne se limitent pas à l’Europe.
Les enjeux financiers et les inquiétudes sur la gouvernance
Le projet vise à générer environ 10 milliards de dollars en maximisant les revenus de la Coupe du monde, avec des idées comme l’augmentation du nombre d’équipes ou une fréquence plus régulière de l’événement. La FIFA affirme que les bénéfices seront réinvestis dans le football, mais des critiques soulignent le risque de dénaturer le sport. « L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à négocier », a affirmé l’UEFA, selon le HuffPost.

Les fédérations européennes doivent se prononcer avant le 19 septembre sur le projet, avec une offre de 40 millions de dollars supplémentaires en cas de soutien. Gianni Infantino, qui pourrait devenir directeur général de la FFE après son mandat, perçoit actuellement plusieurs millions de francs suisses annuels.
Les prochaines étapes et les tensions avec l’UEFA
La validation du projet par le Conseil de la FIFA reste un obstacle majeur, surtout avec l’opposition européenne. L’UEFA, qui contrôle le cœur du football mondial, pourrait bloquer le projet si elle ne parvient pas à des compromis. « Cela franchit une ligne que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais franchir », a insisté l’UEFA, selon le HuffPost.
Les tensions entre la FIFA et l’UEFA se sont déjà manifestées dans des conflits antérieurs, notamment sur la gouvernance et le calendrier des compétitions. Le projet d’Infantino pourrait marquer un nouvel acte de ce bras de fer, avec des conséquences potentielles sur la structure du football mondial. Les prochaines réunions d’urgence des fédérations européennes seront cruciales pour déterminer la suite des événements.
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