La justice a également ordonné la confiscation de millions d’euros d’avantages patrimoniaux dans ce dossier de trafic international de cocaïne.
Le verdict est tombé après plusieurs mois d’audiences et de reports successifs. Ce méga-procès, considéré comme le plus important pour trafic de stupéfiants jamais jugé dans le Limbourg, concernait cinquante-cinq prévenus et cinq sociétés.
Des millions d’euros confisqués et arrestations immédiates
Le tribunal a ordonné la saisie de millions d’euros d’avantages patrimoniaux. Ce chiffre intervient dans un dossier où des milliards étaient en jeu.
La fin du procès ne s’est pas déroulée sans tension. Dès la lecture du verdict, le ministère public a demandé l’arrestation immédiate de vingt-deux personnes. Selon le parquet, ces individus risquaient de prendre la poudre d’escampette
pour éviter l’incarcération.
L’affaire Costa : 14 tonnes de cocaïne et quatre réseaux
L’enquête a débuté le 28 octobre 2019, lorsqu’un navire en provenance du Costa Rica a accosté au port d’Anvers. Les douaniers y ont découvert 2 792 kg de cocaïne, répartis en 2 200 blocs dissimulés dans 89 sacs de sport. Pour démanteler l’organisation, la police fédérale a utilisé une stratégie de substitution, remplaçant la drogue par des faux pains afin de suivre la marchandise jusqu’aux destinataires.
Ce dispositif a permis de mettre au jour quatre organisations criminelles distinctes. L’offensive s’est intensifiée fin septembre 2020 avec 74 perquisitions menées en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, aboutissant à la saisie d’armes, de voitures de luxe et de plus d’un million d’euros en espèces. L’ampleur du trafic a été confirmée en octobre 2020, lors de l’interception d’une seconde cargaison provenant du Guyana, contenant 11,5 tonnes de cocaïne destinées aux mêmes réseaux.
Le cas Willy Van Mechelen, l’ancien gendarme
L’une des figures centrales du procès est l’octogénaire Willy Van Mechelen, surnommé Jeromeke
. Ancien chef de la section criminalité organisée de la Brigade de surveillance et de recherche (BSR) de la gendarmerie d’Anvers, Van Mechelen était une figure respectée dans les années 1980 et 1990, ayant notamment participé à la résolution de l’enlèvement d’Anthony De Clerck.
C’est précisément ce réseau d’informateurs et ces contacts privilégiés avec le milieu criminel, bâtis durant sa carrière policière, qui l’ont conduit à basculer dans l’illégalité. Son arrestation en juin 1995 avait marqué la fin de son ascension au sein de la gendarmerie, avant qu’il ne soit impliqué dans les réseaux de trafic internationaux jugés aujourd’hui à Tongres.
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