Le retardant rouge utilisé contre les incendies de forêt, dont le premier largage par l’avion A400M a eu lieu le 26 juillet 2026 en Gironde, se compose principalement d’eau (80 % à 90 %) et d’ammonium polyphosphate. Ce produit ne sert pas à éteindre les flammes, mais à ralentir leur progression.
Lors des brasiers qui frappent la Gironde et d’autres régions françaises cet été 2026, la vue de nuées rouges larguées par les airs est devenue courante. Ce liquide, dont l’efficacité est stratégique pour les soldats du feu, ne doit pas être confondu avec l’eau utilisée pour l’extinction. Selon le commandant William Vogl, de la brigade des sapeurs-pompiers du Var, le retardant a pour mission de ralentir le feu, de diminuer le feu en intensité pour permettre une action d’extinction à l’issue
.
L’ammonium polyphosphate : un engrais comme bouclier thermique
Développé aux États-Unis, ce mélange repose sur une composition chimique précise. Le liquide est constitué à 80 % ou 90 % d’eau, le reste étant composé de produits chimiques, au premier rang desquels figure l’ammonium polyphosphate. Ce composant agit comme un engrais fertilisant qui, une fois largué, enveloppe la végétation et les bâtiments pour faire baisser immédiatement leur température.
L’objectif technique est de créer une couche protectrice qui cantonne le feu à la surface des végétaux, empêchant ainsi la propagation rapide du brasier vers des zones non encore touchées. Cette approche permet aux pompiers au sol de mieux stabiliser le périmètre avant l’intervention finale d’extinction.
Risques d’eutrophisation et impact environnemental
L’utilisation massive de ce produit soulève des questions sur la santé des écosystèmes, notamment aquatiques. Maude Jimenez, enseignante-chercheuse en chimie à l’université de Lille, explique que l’apport excessif d’azote et de phosphore dans l’eau peut provoquer l’eutrophisation. Ce processus stimule la prolifération d’algues, ce qui peut, à terme, menacer certaines espèces, certains poissons ou certaines espèces aquatiques
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Toutefois, l’analyse comparative des dommages suggère que le risque est relatif. Maude Jimenez précise que, face à la pollution générée par les feux de forêt eux-mêmes, le retardant est très peu polluant
. Pour limiter les dommages collatéraux, les autorités procèdent à des contrôles réguliers des nappes phréatiques.
L’A400M et la sécurité sanitaire
Le déploiement de nouveaux moyens aériens, comme l’avion militaire A400M utilisé pour la première fois en conditions réelles le samedi 26 juillet 2026, permet d’augmenter la capacité de largage de ces agents retardants. Cette montée en puissance des moyens techniques s’accompagne d’une surveillance des effets sur la santé humaine.
Sur ce point, les scientifiques s’accordent pour affirmer que le retardant ne présente pas de risque pour la santé humaine. Le produit reste donc un outil privilégié pour protéger des zones urbaines, comme lors des opérations visant à protéger Bordeaux face aux incendies de juillet 2026.
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