La Bank of Ghana a publié, le 3 août 2026, une liste de 20 applications de prêt numérique opérant sans licence ni autorisation. Le régulateur avertit les consommateurs contre les risques liés à la confidentialité des données et interdit aux institutions financières régulées de faciliter les transactions pour ces entités non autorisées.
Le coup de filet s’intensifie dans le secteur du crédit numérique au Ghana. La Bank of Ghana (BoG) a formellement identifié 20 applications mobiles qui opèrent sans la licence requise, enfreignant ainsi le cadre réglementaire en vigueur. Cette mise en garde, diffusée dans un avis public le lundi 3 août 2026, vise à protéger les utilisateurs contre des pratiques jugées dangereuses. L’avis public a été signé par la secrétaire de la banque, Mme Aimee Vyda Quashie.
La Directive de septembre 2025 et les violations constatées
Cette offensive réglementaire s’appuie sur la Directive pour les prestataires de services de crédit numérique au Ghana, entrée en vigueur en septembre 2025. Cette directive a été publiée sous le numéro de notice BG/GOV/SEC/2025/30. Selon la banque centrale, ces entités continuent de proposer des crédits via des canaux numériques malgré l’absence d’approbation officielle.

Dans sa déclaration, le régulateur a précisé : « La Bank of Ghana a observé la poursuite des opérations d’entités fournissant des prêts numériques au public ghanéen via des canaux numériques sans la licence ou l’autorisation requise de la Bank of Ghana ».
Avis public de la Bank of Ghana, via GhanaWeb
Pour le régulateur, le danger n’est pas seulement financier. La BoG souligne que les opérations de ces plateformes constituent des violations significatives de la confidentialité des données des clients et des normes de protection des consommateurs. L’absence de surveillance expose les emprunteurs à des risques accrus de non-conformité réglementaire. La banque a indiqué que ces activités représentent une « violation grave » du cadre réglementaire et des lois applicables régissant le prêt numérique dans le pays.
Liste des 20 applications de prêt non autorisées
Le régulateur a dressé une liste précise des applications concernées. Les utilisateurs sont fortement conseillés de ne pas s’engager avec ces prestataires non agréés, avertit la banque centrale. En déclarant la liste, le régulateur a affirmé : « Les applications de prêt mobile suivantes opèrent sans la licence ou l’autorisation requise de la Bank of Ghana ».

- Adamfo Loan
- Agyapacredit
- Amanfi Loan
- Arco Cash
- Aya Lend
- Bucks Now
- CediGo
- CGrab (ou Criab selon GhanaWeb)
- DumboCash
- FCash
- Gh Loans
- Gh Loans Pro
- Hasty Credit
- Newgry Money Tree
- Omanpesa
- PoPoCedi
- Ready Money
- Sika Tap
- Sikapa Loan
- Zigwe Loan
Interdiction faite aux banques et PSP de faciliter ces transactions
La stratégie de la Bank of Ghana ne s’arrête pas à l’avertissement du public. Elle cible également l’infrastructure financière qui permet à ces applications de fonctionner. Les banques, les institutions de dépôt spécialisées (SDI) et les prestataires de services de paiement (PSP) sont désormais mis en garde contre toute facilitation ou traitement de transactions pour le compte de ces opérateurs illégaux.

Le communiqué précise : « Le grand public est donc fortement conseillé de ne pas s’engager avec des prestataires de prêts non agréés. Les banques, les institutions de dépôt spécialisées (SDI) et les prestataires de services de paiement (PSP) sont également mis en garde contre la facilitation ou le traitement de transactions pour le compte de prestataires de prêts non agréés ».
Cette mesure vise à couper les canaux de flux financiers des prêteurs non licenciés. En obligeant les institutions régulées à respecter le cadre légal, la BoG cherche à isoler les acteurs opérant en dehors de la loi pour préserver la stabilité du secteur financier.
Enquêtes et signalements auprès du département Fintech
La banque centrale a annoncé son intention de collaborer avec d’autres institutions étatiques pour identifier et enquêter sur les opérateurs de ces plateformes. L’objectif final est de mener des actions coercitives appropriées.
Avis public de la Bank of Ghana, via MyJoyOnline
Pour soutenir cet effort, la BoG encourage les citoyens à signaler toute activité suspecte. Les rapports peuvent être transmis au Département Fintech et Innovation, situé à The Bank Square, 42 Castle Road, Ridge, Accra. Les signalements sont acceptés par téléphone au +233 30 273 9650, ou par courriel via [email protected] et [email protected].
Cette surveillance accrue intervient alors que le gouverneur de la Bank of Ghana, le Dr Johnson Asiama (également cité comme Dr Johnson Pandit Asiama), cherche à renforcer la supervision d’un secteur du prêt numérique en pleine expansion, marqué par la multiplication d’offres non régulées ciblant la population. Cette nouvelle action fait suite à un avis antérieur sur les prestataires de services de crédit numérique (DCSP) non agréés, référencé sous la notice n° BG/GOV/SEC/2026/22.
À lire aussi
