Israël a officiellement transmis à Washington ses « inquiétudes » concernant le cadre proposé par le président américain Donald Trump pour lancer la deuxième étape de son plan de sortie de guerre à Gaza, a annoncé lundi 3 août 2026 le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon Doron Spielman, porte-parole de Benjamin Netanyahu, la version rendue publique de cet accord ne reflète pas la position d’Israël.
Divergences sur la démilitarisation du Hamas
Le point de friction majeur concerne le désarmement du mouvement islamiste Hamas. Alors que le Hamas a annoncé vendredi avoir accepté la feuille de route élaborée par le « Conseil de Paix » de Donald Trump, Israël juge ce plan en contradiction avec la réalité. Doron Spielman a affirmé que les renseignements israéliens ont établi que le Hamas s’est réarmé et a recruté de nouveaux combattants depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, suggérant que le groupe se prépare à de « nouveaux massacres du type du 7-Octobre ».
Pour le gouvernement israélien, la première étape indispensable à tout accord durable est une démilitarisation « réelle, vérifiable et irréversible » du Hamas. Israël a rappelé que toute mesure n’aboutissant pas à un désarmement complet permettrait au Hamas de menacer à nouveau le pays.
Le rôle du Conseil de Paix et les mécanismes de transition
Le plan publié par le Conseil de Paix prévoit plusieurs mesures clés pour la phase transitoire :
- La fin des opérations militaires pour les deux parties.
- Le démantèlement de l’armement du Hamas et son stockage par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien.
- Le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF), en cours de formation, pour séparer les forces israéliennes des zones gérées par le NCAG.
- L’objectif final de transformer Gaza en une zone « démilitarisée, déradicalisée, exempte de terrorisme et ne représentant aucune menace pour ses voisins ».
Le Hamas, de son côté, a historiquement défendu un désarmement progressif avec une remise des armes à un comité indépendant après la conclusion d’accords de paix, s’opposant à une reddition immédiate et unilatérale.
Tensions diplomatiques et conditions de retrait
Le haut représentant pour Gaza du Conseil de Paix, Nikolaï Mladenov, a rencontré Benjamin Netanyahu lundi pour une réunion qualifiée de « difficile ». Malgré cela, le Conseil a déclaré être parvenu à une « compréhension commune des objectifs partagés ». Pour rassurer Tel-Aviv, l’organisme a précisé sur X qu’Israël ne se retirerait pas de Gaza avant le désarmement « complet » du Hamas, notant que le retrait total des Forces de défense israéliennes (IDF) au-delà de la « ligne jaune » n’interviendra qu’une fois le désarmement achevé.

Ces tensions surviennent alors que Benjamin Netanyahu est en campagne pour les élections législatives de fin octobre. Cette situation s’inscrit dans un contexte de divergences persistantes entre le président américain et le Premier ministre israélien, lesquelles n’avaient pas été dissipées lors de leur rencontre à Washington fin juillet.
Un contexte de violences persistantes
Malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025, les hostilités se sont poursuivies.

Israël a continué ses frappes même après l’annonce de l’acceptation du plan par le Hamas. Dimanche, des attaques israéliennes ont fait au moins treize morts, et le bilan pour le mois de juillet s’élève à plus de 150 décès, soit l’un des mois les plus lourds depuis le début de l’année. Selon une source sécuritaire, plus de dix frappes aériennes ont tué 19 personnes depuis dimanche.
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