Après avoir franchi le seuil des 100 dollars au début du mois de septembre, le cours de l’or noir a nettement reflué. L’indice S&P 500 du secteur de l’énergie recule de 1,9%, dans le sillage de la baisse des cours du brut, touchant ainsi son plus bas niveau depuis onze jours selon les données financières.
Le repli du Brent sous la barre des 100 dollars et les marchés boursiers
Vers 17h05 à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, perdait 3,35% à 100,39 dollars, après avoir touché un point bas à 99,54 dollars. En parallèle, les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en octobre affichaient une baisse de 4,68% à 95,61 dollars, d’après les chiffres rapportés par la place londonienne.
Cette correction boursière a touché l’ensemble des majors énergétiques. Les géants de l’énergie Exxon Mobil et Chevron ont reculé respectivement de 2,7% et 1,8%, tandis que d’autres acteurs du secteur enregistraient des pertes comprises entre 2,3% et 3%.
Perspectives diplomatiques à l’ONU et signaux de Téhéran
La baisse des cours s’explique en grande partie par l’anticipation d’avancées diplomatiques. Les cours du pétrole baissent fortement lundi, le marché attendant de nouvelles discussions diplomatiques sur la guerre au Moyen-Orient à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU qui s’ouvre cette semaine à New York.
Dans ce contexte, Donald Trump a déclaré dimanche qu’il serait probablement ouvert à l’idée de rencontrer le dirigeant iranien, Massoud Pezeshkian lors du sommet annuel des Nations unies. De son côté, l’Iran a fait savoir qu’il avait transmis aux autorités américaines ses conditions pour rouvrir le détroit d’Ormuz, tout en affirmant se tenir prêt à une éventuelle reprise des hostilités.

Les investisseurs regardent également vers Pékin. Le président chinois Xi Jinping est attendu aux États-Unis pour une visite d’État, au cours de laquelle il doit s’entretenir de la paix et le développement dans le monde
. La Chine est perçue par les investisseurs comme un acteur susceptible d’influencer les positions iraniennes.
L’analyste ajoute que Il y a également des signes que, malgré tous les blocages, une quantité non négligeable de pétrole continue de sortir du Golfe
.
L’adaptation logistique de l’Arabie saoudite face aux infrastructures endommagées
Du côté de l’offre, les flux physiques s’organisent malgré les tensions et les dégâts subis par les infrastructures régionales. La compagnie nationale saoudienne Aramco a pris des mesures concrètes pour maintenir ses exportations.
D’après les analyses sectorielles recueillies, l’entreprise fait transiter davantage de pétrole par le détroit d’Ormuz et via des opérations de transbordement au large d’Oman, et s’emploie à rétablir environ la moitié de la capacité de l’oléoduc Est-Ouest
, une artère logistique majeure qui avait dû être stoppée après des frappes de drones.
Tensions persistantes sur les produits raffinés et le diesel
Si le prix du brut recule, les marchés des produits raffinés font face à une situation beaucoup plus tendue. Les principaux produits pétroliers – les carburants issus du raffinage du pétrole brut, comme le diesel, le kérosène d’aviation et l’essence – subissent des pressions encore plus fortes que le pétrole brut, d’après une note publiée par l’Agence internationale de l’énergie.
Cette raréfaction découle également du conflit en Europe de l’Est. Les infrastructures de raffinage russes ont été la cible de frappes de drones ukrainiennes, mettant hors service un volume important d’installations dédiées à la production de diesel.
Un grand nombre de ses raffineries de diesel ont explosé et sont, au moins temporairement, hors service.
Donald Trump, Truth Social
Cette pénurie se répercute directement sur les consommateurs finaux. Aux États-Unis, le prix du diesel bat record sur record à la pompe, avec un nouveau plus haut lundi à 6,51 dollars le gallon en moyenne, selon les relevés de l’Association automobile américaine.