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Cameroun : L’État Négocie le Rachat des Centrales de Kribi et Dibamba

Le gouvernement camerounais négocie l’acquisition de 56% des centrales de Kribi et Dibamba auprès de Globeleq, pour une valorisation estimée à 80 milliards de FCFA, dans un mouvement de recentrage sur le secteur énergétique. Le Cameroun poursuit sa…

Cameroun : L'État Négocie le Rachat des Centrales de Kribi et Dibamba

Le gouvernement camerounais négocie l’acquisition de 56% des centrales de Kribi et Dibamba auprès de Globeleq, pour une valorisation estimée à 80 milliards de FCFA, dans un mouvement de recentrage sur le secteur énergétique.

Le Cameroun poursuit sa stratégie de reprise en main du secteur électrique en négociant l’acquisition de 56% des participations de Globeleq dans les centrales de Kribi et Dibamba, pour une valeur estimée à 80 milliards de FCFA (environ 138 millions de dollars). Cette opération, qui pourrait aboutir avant la fin de 2026, renforcerait la maîtrise de l’État sur ces actifs stratégiques, déjà détenus à 44% par le gouvernement.

Un recentrage sur le secteur énergétique

Le mouvement s’inscrit dans une tendance plus large de nationalisation des actifs énergétiques. En février 2026, le gouvernement avait déjà racheté les 51% de Eneo (devenue Socadel) à Actis, portant sa participation à 95%, puis de prendre le contrôle intégral de l’entreprise. Cette opération, combinée à celle de Globeleq, représenterait environ 158 milliards de FCFA, sans compter les impayés ou les besoins de recapitalisation.

Les deux centrales, Kribi (216 MW) et Dibamba (88 MW), jouent un rôle clé dans l’approvisionnement électrique du Réseau interconnecté Sud (RIS), qui alimente Yaoundé, Douala et la zone industrialo-portuaire de Kribi. Leur reprise viserait à réduire les coûts mensuels pour Socadel, actuellement de 8 milliards de FCFA, en diminuant ces charges de 3 milliards après renégociation des contrats.

Des tensions financières persistantes

Le climat entre Globeleq et le gouvernement a connu des épisodes tendus, notamment en 2024, lorsque la centrale de Kribi a arrêté sa production en raison de créances impayées évaluées à 137 milliards de FCFA. Une nouvelle crise a éclaté en juin 2026, avec le blocage des comptes bancaires de Globeleq, entraînant une suspension de ses capacités électriques et affectant environ 40% des usagers du Littoral et de l’Ouest.

Les difficultés financières de Socadel, avec un déficit mensuel moyen de 13 milliards de FCFA, ajoutent à la complexité de la reprise. Bien que le gouvernement espère une économie annuelle de 36 milliards de FCFA, les passifs liés aux combustibles, à la maintenance et aux emprunts restent des défis non résolus par la simple reprise capitalistique.

Un calendrier incertain mais avancé

Malgré l’absence d’une offre formelle, les discussions entre le gouvernement et Globeleq progressent suffisamment pour envisager une conclusion avant la fin de 2026, selon des sources locales. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où l’État cherche à renforcer sa souveraineté sur les infrastructures critiques, après avoir déjà exercé son droit de préemption en juillet 2025.

Cameroun : L'État Négocie le Rachat des Centrales de Kribi et Dibamba
Photo: Forbesafrique

Les termes de l’accord, notamment le mécanisme de refinancement ou la révision des charges de capacité, restent à préciser. Les deux centrales devront continuer à financer leurs opérations, même sous pavillon public, ce qui soulève des questions sur la viabilité à long terme de cette reprise.

Le gouvernement camerounais se positionne ainsi comme un acteur central dans la réforme de son secteur énergétique, tout en gérant les tensions historiques avec des partenaires étrangers. Cette opération, si elle aboutit, marquerait une étape clé dans l’indépendance énergétique du pays, bien que des défis structurels persistent.

Les enjeux pour l’approvisionnement électrique

La reprise des centrales de Kribi et Dibamba représente 304 MW de capacité, soit plus de 20% des capacités du RIS. Cette part critique est essentielle pour assurer la stabilité de l’approvisionnement, notamment dans les zones économiques stratégiques.

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Cependant, les historiques de conflits entre Globeleq et l’État soulignent les défis d’une coopération durable.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.