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Émirats arabes unis réussissent à exporter pétrole en détroit d’Ormuz malgré tensions

Alors que la production mondiale de brut reste en deçà des niveaux d'avant-guerre, les Émirats arabes unis déploient une logistique inédite pour maintenir leurs exportations énergétiques via le détroit d’Ormuz, tandis que la diplomatie iranienne accuse Washington de…

Émirats arabes unis réussissent à exporter pétrole en détroit d'Ormuz malgré tensions

Alors que la production mondiale de brut reste en deçà des niveaux d’avant-guerre, les Émirats arabes unis déploient une logistique inédite pour maintenir leurs exportations énergétiques via le détroit d’Ormuz, tandis que la diplomatie iranienne accuse Washington de violer les accords régionaux.

Une logistique maritime sans précédent pour exporter le brut et le GNL

La production réelle de pétrole brut accuse un retard persistant, affichant une baisse d’environ 7,3 millions de barils par jour — soit un recul de 28 % par rapport aux volumes enregistrés en février, d’après les observations du secteur. Pourtant, face aux perturbations du trafic maritime et à la crise historique dans la région, les Émirats arabes unis ont réussi à acheminer des cargaisons de pétrole à travers le détroit d’Ormuz en surpassant les exportations de tout autre produit au cours des deux derniers mois.

Cette performance repose sur un dispositif opérationnel et de sécurité d’envergure mis en place par l’ADNOC. Les mesures incluent l’utilisation de pétroliers supplémentaires, des opérations de transbordement de cargaisons de navire à navire dans le golfe d’Oman après le passage du détroit, ainsi que le recours à un oléoduc contournant les zones les plus sensibles. Certains armateurs ont également choisi de désactiver temporairement leurs systèmes d’identification automatisés lors du transit dans les secteurs sous tension. C’est dans ce contexte que le pétrolier Romania Prosperity a fait son apparition dans le golfe d’Oman chargé de brut ADNOC, après avoir interrompu l’utilisation de son transcepteur à la fin du mois de juillet, selon des données de Kepler.

Des volumes massifs écoulés sur les marchés asiatiques

Depuis le début du mois de juin, l’ADNOC a écoulé plus de 130 millions de barils de pétrole brut à travers sept appels d’offres d’une ampleur inédite, d’après des informations obtenues auprès de négociants anonymes. Ce volume représente l’équivalent de plus d’un mois complet de consommation pour le Japon, qui constitue le troisième plus grand consommateur d’énergie en Asie.

Les raffineries asiatiques, particulièrement en Chine et au Japon, ont absorbé la majeure partie de ces flux pour faire face à leur dépendance envers les bruts acides moyens et lourds produits au Moyen-Orient. Jeudi dernier, le cours du Brent s’établissait à près de 79 dollars le baril. Les analystes soulignent l’importance de ces livraisons pour des acteurs industriels incapables de substituer facilement ces qualités de pétrole.

« Les barils de l’ADNOC ont contribué à la stabilité de l’approvisionnement de l’Asie. »

John Goh, analyste senior du marché pétrolier chez Sparta Commodities, via Atalayar

Parallèlement, les flux de gaz naturel liquéfié ont suivi des mécanismes similaires. Le méthanier Mubarez, également rattaché à l’ADNOC, a été repéré à proximité de l’Inde après avoir marqué une pause dans ses activités de transport dans le Golfe le mois précédent.

Tensions géopolitiques autour des accords de navigation

Alors que la situation demeure fragile dans le golfe d’Oman et ses environs, la contestation diplomatique s’intensifie. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a publiquement accusé les États-Unis d’avoir violé les dispositions du mémorandum d’entente conclu au lendemain du conflit. Selon Téhéran, Washington cherche à affaiblir l’autorité iranienne sur la voie maritime en favorisant l’ouverture d’un corridor de navigation alternatif au sud avant l’expiration du délai d’un mois prévu par l’article 5 de l’accord.

Le chef de la diplomatie iranienne accuse les États-Unis d’avoir violé l’accord sur le détroit d’Ormuz
Photo: aa.com.tr

La diplomatie iranienne affirme que l’accord confiait initialement à l’Iran la responsabilité exclusive du rétablissement de la navigation, incluant les opérations de déminage et la définition des itinéraires sécurisés sur une période initiale. Les autorités iraniennes estiment que le corridor alternatif encouragé par les États-Unis présente davantage de risques pour le trafic maritime et a été mis en place en dehors des consultations prévues. De leur côté, les tensions régionales continuent de faire peser des menaces sur d’autres couloirs stratégiques, des groupes alliés à l’Iran signalant des avertissements et des tirs potentiels visant des navires marchands dans la zone de Bab al-Mandeb à l’entrée de la mer Rouge, selon des informations rapportées par lesoir.be.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.