Yvette Roudy, première ministre des Droits de la femme sous François Mitterrand et figure majeure du féminisme en France, est décédée à l’âge de 97 ans. Elle laisse derrière elle un héritage législatif marquant, comprenant le remboursement de l’IVG et la loi sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
La disparition d’Yvette Roudy, intervenue le mardi 18 août à Cabestany dans les Pyrénées-Orientales, marque la fin du parcours d’une pionnière de la vie politique française.
Une pionnière au cœur des gouvernements de Pierre Mauroy et Laurent Fabius
Née en 1929 à Pessac en Gironde, Yvette Roudy s’engage tôt dans les luttes pour l’émancipation. Militante au sein du Mouvement démocratique féminin à partir de 1962, elle rejoint ensuite le Parti socialiste en 1971. Sa trajectoire institutionnelle s’accélère à la fin des années 1970 avec son élection comme députée européenne en 1979, avant d’accéder aux responsabilités ministérielles sous la présidence de François Mitterrand.
Si Françoise Giroud avait exercé comme secrétaire d’État à la Condition féminine sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing dès 1974, le site d’information de TF1 rappelle qu’Yvette Roudy devient la première titulaire d’un véritable ministère de plein exercice dédié aux Droits de la femme
. Elle occupe ce portefeuille de 1981 à 1986, sous les gouvernements successifs de Pierre Mauroy puis de Laurent Fabius, jusqu’à l’arrivée de la cohabitation.
Les grandes lois qui ont transformé la société française
L’action ministérielle d’Yvette Roudy s’est concrétisée par des textes fondateurs qui continuent de structurer l’égalité des genres en France. L’année suivante, elle fait voter la législation sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
L’ancien président de la République François Hollande a souligné sur les réseaux sociaux qu’elle avait fait reconnaître officiellement le 8-Mars comme Journée internationale des droits des femmes en France
. La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a résumé cet impact immense par un message publié sur la plateforme X : Yvette Roudy n’est plus.
Mais il reste tant d’elle.
Le remboursement de l’IVG c’est elle, la féminisation des noms de métiers c’est elle, l’égalité professionnelle, c’est elle, la parité, c’est encore elle
.
Un ancrage local prononcé dans le Calvados et des mandats européens
Après son passage au gouvernement, l’engagement d’Yvette Roudy s’est poursuivi sur le terrain électoral et local. Elle s’est implantée dans le Calvados, où elle a exercé les fonctions de députée de 1986 à 1993, puis de nouveau de 1997 à 2002. Parallèlement, elle a assumé la charge de maire de Lisieux pendant deux mandats consécutifs, administrant la commune de 1989 à 2001.

Les hommages unanimes de la classe politique et des mouvements associatifs ont salué la mémoire d’une femme de convictions. La Grande Loge féministe de France, dont elle était membre, a salué la perte de leur sœur de combat, tandis que personnalités et responsables politiques ont rappelé son rôle central dans l’évolution des mentalités républicaines face aux droits des femmes.