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Experts Prônent le Dépistage Mental Systématique pour les Survivants du Cancer

Des protocoles de dépistage clinique actualisés élargissent l'évaluation de la santé mentale pour les survivants du cancer, afin de remédier à la détresse psychologique et au…

Experts Prônent le Dépistage Mental Systématique pour les Survivants du Cancer

Des protocoles de dépistage clinique actualisés élargissent l’évaluation de la santé mentale pour les survivants du cancer, afin de remédier à la détresse psychologique et au risque accru de suicide. Alors qu’un tiers des patients souffrent d’anxiété ou de dépression, les experts réclament des interventions adaptées dans les soins oncologiques de routine.

L’ampleur cachée de la détresse psychologique en oncologie

Environ un tiers des personnes atteintes d’un cancer souffrent de troubles de l’humeur, d’anxiété ou d’un trouble de l’adaptation pendant leur parcours de soins.

Cette absence de suivi psychologique n’est pas seulement un manquement humain, elle pèse lourdement sur les résultats cliniques. Les patients dont la détresse reste non traitée risquent de retarder le début de leurs traitements, d’abandonner les thérapies prescrites ou de multiplier les hospitalisations évitables.

Tyler G. Jones, MD, MBA, FAPA, Elizabeth Cleary, PhD, Ramy Sedhom, MD, FASCO, et Barbara L. McAneny, MD, MACP, FASCO ont déclaré via The ASCO Post que si des protocoles existent pour la neutropénie, il n’en va pas de même pour le désespoir.

Dans une cohorte représentative au niveau national, un seul survivant sur trois a eu une conversation détaillée avec son oncologue au sujet de ses préoccupations émotionnelles ou sociales. Ceux qui ont été privés de ces échanges présentaient un fardeau de symptômes dépressifs plus élevé.

Élargir le dépistage et sécuriser l’évaluation des patients

Pour contrer ces lacunes, des recommandations cliniques actualisées intègrent l’évaluation systématique de la santé mentale dans le suivi de la survivance. Le dépistage de la détresse doit intervenir à des intervalles cliniques réguliers, en particulier lors des transitions thérapeutiques.

Les algorithmes de dépistage des traumatismes abaissent désormais le seuil de score sur le questionnaire de stress post-traumatique pour le DSM-5 à deux réponses affirmatives, ou à une seule réponse affirmative concernant les comportements d’évitement. Par ailleurs, le risque suicidaire chez les survivants du cancer demeure deux à quatre fois supérieur à celui de la population générale.

Le vécu post-opératoire et la complexité des besoins fonctionnels

Des entretiens menés auprès de douze médecins spécialistes exerçant en milieu hospitalier privé mettent en lumière la complexité de la qualité de vie après les interventions chirurgicales et les radiothérapies (comme l’analyse l’étude parue dans Frontiers in Public Health).

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Photo: Ascopost

Les praticiens soulignent que la qualité de vie globale englobe la capacité à s’alimenter, à avaler sans dysphagie, à retrouver une mobilité de la mâchoire sans trismus, ainsi qu’à accepter l’apparence esthétique après les traitements. La charge émotionnelle s’ajoute à ces épreuves physiques :

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Photo: Frontiersin

Selon Doctor 1 via Frontiers in Public Health, en ce qui concerne la qualité de vie après le traitement, près de 50 % des patients sont psychologiquement diminués. Bien qu’ils aient subi une chirurgie, une chimiothérapie, une radiothérapie et le reste, ils ne fonctionnent probablement pas à 100 % sur le plan fonctionnel. Seuls 70 % des patients sont fonctionnels, voire moins. Ce n’est donc pas satisfaisant si l’on compare leur situation à celle de personnes normales.

Un autre clinicien interrogé dans le cadre de ces travaux précise l’impact de l’annonce de la maladie sur l’équilibre mental des patients :

Doctor 3 a indiqué via Frontiers in Public Health que les patients atteints d’un cancer de la cavité buccale se présentent principalement à eux à des stades avancés, après avoir été orientés par un chirugien buccal, à des fins de conseil, ou s’ils souffrent de dépression ou de tout autre problème psychologique. Leur qualité de vie est très médiocre en raison des nombreux problèmes liés au cancer, aux traitements anticancéreux et aux complications qui en découlent.

Interventions multimodales et formation des soignants

La prise en charge globale combine des modifications du mode de vie, une psychothérapie ciblée et une pharmacothérapie rigoureuse. L’activité physique régulière atténue significativement l’anxiété et les symptômes dépressifs, affichant une efficacité comparable à celle des antidépresseurs standards pour les détresses légères à modérées.

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Photo: Nature

Face à la nécessité de former les professionnels de santé, des programmes interactifs voient le jour, à l’instar de la formation en ligne mise en place pour soutenir les équipes soignantes. Cette simulation numérique permet aux cliniciens de s’exercer à mener des conversations délicates sur la santé mentale avec des patients simulés, facilitant ainsi l’orientation vers des spécialistes lorsque le besoin s’en fait sentir (rappellent les Centers for Disease Control and Prevention).

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.