Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, mettant un terme à un isolement de quarante-sept ans. Cette décision, annoncée lundi 24 août 2026 par le département d’État, lève les derniers verrous financiers et ouvre la voie à de nouveaux investissements internationaux.
La fin d’un isolement de quarante-sept ans pour Damas
Le gouvernement américain a officiellement retiré la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme, un classement en vigueur depuis 1979. Selon les notifications transmises par le département du Trésor et rapportées le lundi 24 août 2026, cette mesure supprime un ensemble de restrictions lourdes qui pesaient sur l’aide extérieure, les exportations de défense et les transactions financières. Le secrétaire d’État Marco Rubio a souligné que cette décision intervient en reconnaissance des actions positives menées par le gouvernement syrien pour se distancier totalement des actes de terrorisme international.
Le tournant politique et la levée des sanctions économiques
La transition à Damas est menée par Ahmed al-Sharaa, un ancien militant dont le groupe islamiste, Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), a joué un rôle central dans l’offensive rebelle de fin 2024 ayant conduit à la chute de l’ancien président Bachar al-Assad. Alors que HTS figurait auparavant sur la liste noire des organisations terroristes internationales et que le dirigeant syrien lui-même a rompu les liens avec le réseau Al-Qaïda dès 2016, les États-Unis ont procédé en parallèle à la révocation de ces désignations pour accompagner la nouvelle administration.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a justifié ces mesures par la volonté de stimuler la reprise économique. L’administration américaine inscrit cette démarche dans la promesse faite par le président Donald Trump d’alléger les sanctions. Le Trésor a ainsi formulé un engagement précis :
« Today’s action will help foster additional investment in Syria to promote political and economic stability. »
Treasury Secretary Scott Bessent
Du côté de Damas, le ministre des Affaires étrangères Asaad Hassan al-Shaibani a salué cette initiative qualifiée d’étape historique par l’agence de presse officielle SANA. Le ministre a affirmé la volonté de son pays de s’affranchir des effets de l’isolement en instaurant un climat fondé sur la transparence et le respect mutuel.
Perspectives géopolitiques et vigilance sécuritaire persistante
Derrière l’ouverture économique se profilent des calculs géopolitiques complexes. En renouant les liens avec Damas, Washington cherche à ramener la Syrie dans sa sphère d’influence plutôt que de la laisser basculer vers la Russie ou la Chine. Ce rapprochement fait suite à des discussions directes, notamment lors d’une rencontre entre Donald Trump et Ahmed al-Sharaa en marge d’un sommet de l’OTAN en Turquie.

Toutefois, les autorités américaines insistent sur le fait que la levée de ces barrières ne marque en aucun cas un désengagement face aux menaces régionales. Le département du Trésor a rappelé que la posture américaine en matière de lutte contre le terrorisme mondial demeure inchangée :
« The removal of restrictions on Syria does not change Treasury’s posture with regards to countering global terrorism and our commitment to hold bad actors in Syria accountable. »
La situation sur le terrain reste fragile. La Syrie demeure confrontée à des défis sécuritaires majeurs, à l’absence d’un gouvernement pleinement représentatif et à des frictions croissantes entre ses voisins turcs et israéliens. Alors que les investisseurs évaluent les retombées de cette levée de sanctions, la communauté internationale observe si la transition politique parviendra à stabiliser durablement le pays.