Le milliardaire et investisseur Stanley Druckenmiller a publiquement critiqué le programme de rachat d’obligations du Trésor américain dirigé par le secrétaire au Trésor Scott Bessent. Le responsable du Duquesne Family Office a affirmé que cette initiative gouvernementale s’apparente à un exercice de gestion des prix destiné à intervenir sur le marché par des moyens administratifs, et qu’elle est vouée à l’échec.
Stanley Druckenmiller Critique le Programme de Rachats d’Obligations de Scott Bessent
Dans une tribune libre, Stanley Druckenmiller a souligné que le programme de rachat mené par Scott Bessent fausse gravement les mécanismes fondamentaux du marché. Selon lui, il ne s’agit nullement d’une mesure de gestion de la liquidité comme le prétend le Trésor, mais bien d’une gestion des prix des rendements obligataires à long terme. Il a indiqué que les taux à long terme constituent le seul disciplinaire fiscal restant du gouvernement américain, et que vouloir forcer la baisse des taux d’intérêt par des rachats revient à supprimer l’alarme qui contrôle les déficits budgétaires.
L’Expansion des Rachats et la Réaction des Marchés
Le débat s’est intensifié après l’annonce par le département du Trésor d’une expansion de ses rachats d’obligations à long terme. La taille maximale par opération pour les rachats de soutien à la liquidité de certains titres nominaux à long terme échéant dans 10 à 30 ans a été doublée, passant d’un maximum de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards de dollars pour des opérations programmées entre le 9 septembre et le 4 novembre. Cette décision est intervenue alors que le rendement du 30 ans avait atteint environ 5,3 %, son niveau le plus haut depuis 2007.

Dans une interview accordée à CNBC, Scott Bessent a indiqué que l’échelle des rachats pourrait être augmentée au-delà de ce plafond de 4 milliards de dollars en fonction des conditions de marché. Il a précisé que l’objectif principal est d’améliorer la liquidité du marché obligataire à long terme, en particulier pour soutenir des transactions ordonnées durant une période estivale calme caractérisée par une forte émission de dettes d’entreprises, notamment liée aux infrastructures d’intelligence artificielle.
Perspectives et Incertitudes Budgétaires
Les mesures annoncées ont provoqué de vives discussions à Wall Street, certains critiques estimant que l’intervention risque de brouiller la frontière entre la gestion de la dette et le soutien artificiel des cours. Malgré une brève détente des rendements obligataires après l’annonce, les taux ont rapidement rebondi, les investisseurs reportant leur attention sur des pressions structurelles telles que le déficit budgétaire américain, l’inflation et l’offre globale de titres.

Parallèlement, sur le plan de la politique budgétaire, Scott Bessent a évoqué de futures initiatives de consolidation fiscale menées conjointement avec l’administration pour cibler des réductions de dépenses et des sources d’économies, au moment où la dette nationale franchit des seuils historiques.