Une simple addition s’est transformée en polémique à Riccione, en Italie, lorsqu’une cliente de 20 ans a découvert une insulte visant ses exigences de cuisson imprimée noir sur blanc sur son ticket de caisse, déclenchant une vive controverse en ligne et des excuses de la part de l’établissement.
Ce qui devait être un petit-déjeuner ordinaire en famille s’est conclu par une mauvaise surprise. Maria Clara, jeune femme originaire de Florence, s’est installée au Victor Lab, un restaurant situé à Riccione au nord-est de l’Italie, accompagnée de sa mère et de sa tante selon les informations publiées dans la presse. En commandant ses œufs brouillés, la cliente a poliment demandé à ce que le plat soit bien cuit et servi sans salade.
Agacé par cette requête ordinaire concernant la préparation des œufs, le jeune serveur de 17 ans a consigné un commentaire en cuisine destiné à évacuer son agacement. La remarque, saisie directement dans le système de commande de l’établissement, s’est pourtant retrouvée imprimée au bas du ticket de caisse remis aux clientes à l’issue de leur repas.
Les insultes imprimées et les réactions de la famille
« Brûle les œufs et crache dedans »
En découvrant l’addition, la jeune femme a immédiatement repéré le message injurieux rédigé en italien et en français selon les versions rapportées par les différents médias. Le texte mentionnait explicitement le mécontentement du personnel face aux exigences de la cliente d’après les détails relayés par la presse régionale, avec la phrase lue sur le ticket : « Une vraie casse-c… Brûle les œufs et crache dedans ».
Face à cette découverte, Maria Clara a exigé des explications auprès du patron de l’établissement. Le jeune employé a présenté ses plus plates excuses, expliquant qu’il s’agissait d’une blague entre le cuisinier et lui. Pour apaiser les tensions, le directeur du restaurant a offert le repas en guise de dédommagement, ce qui n’a pas empêché les clientes de se fendre d’un avis acerbe en ligne après leur passage au Victor Lab.
La réponse du propriétaire du Victor Lab à Riccione
Le propriétaire du restaurant, Luciano Colono, interrogé par La Repubblica, a fait savoir que sa jeune recrue faisait toujours partie de son équipe. Écarté temporairement du service pendant une suspension de trois jours, le serveur mineur a finalement réintégré son poste au sein de l’équipe et a été accueilli à bras ouverts.
Une vraie casse-c… Brûle les œufs et crache dedans
« Il a 17 ans, il a fait une bêtise, on lui donne une seconde chance », a déclaré le dirigeant, avançant que « tout le monde fait des erreurs ». Le chef d’entreprise a également précisé que son employé traversait une période difficile suite à la médiatisation de l’affaire, ajoutant : « Il va très mal et ne veut parler à personne, mais je peux vous assurer que c’est un garçon intègre. Il s’est excusé, il a compris qu’il a commis une erreur. D’ailleurs, combien de jeunes aujourd’hui font leurs études puis, l’été, vont travailler pour ne pas trop peser sur leur famille ? J’espère qu’il ne voudra pas être serveur toute sa vie : il aime jouer d’un instrument et qui sait, peut-être qu’un jour il deviendra musicien ».

La polémique sur les réseaux sociaux et la vidéo parodique
L’affaire a rapidement dépassé le cadre local lorsqu’un avis critique a été publié en ligne par les clientes mécontentes. En réponse à la polémique grandissante sur Internet, le restaurant a publié une vidéo parodique ce samedi dans laquelle un client fictif demandait la spécialité de la maison : les œufs à la salive.
Cette initiative humoristique a toutefois ravivé les critiques des internautes et exacerbé le conflit. Maria Clara a pour sa part déclaré être victime d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux depuis la publication de son commentaire sous la vidéo, comme elle l’a confié au Resto del Carlino, estimant qu’un message d’excuses aurait été plus approprié. D’origine brésilienne, elle affirme également avoir reçu des insultes et des menaces sur les réseaux sociaux, ainsi que des commentaires racistes. De son côté, la direction du restaurant poursuit ses activités, Luciano Colono estimant que l’incident servira de précédent et annonçant : « Notre activité marche si bien que nous avons déjà un autre établissement (…) qui ouvrira bientôt une succursale à Bologne également ».