L’industrie musicale australienne a exclu les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle de ses classements officiels et de ses récompenses, emboîtant le pas à de nouvelles règles internationales à la suite du succès retentissant d’une reprise de Madonna réalisée à l’aide de l’IA.
Exclusion des titres entièrement synthétiques des classements ARIA
L’Australian Recording Industry Association, l’organisme de pointe qui gère les classements officiels du pays, a annoncé de nouvelles modifications à son code de pratique. Cette décision vise à tracer une ligne claire entre les artistes qui emploient des technologies d’assistance et ceux dont la production musicale provient entièrement d’algorithmes.
D’après les précisions fournies par l’organisation, les créations qui intègrent l’intelligence artificielle dans un rôle purement secondaire ou d’accompagnement conserveront leur éligibilité. En revanche, un titre dont la ligne vocale principale ou les instruments fondamentaux résultent directement d’une invite textuelle automatisée se verra systématiquement refuser l’accès aux classements hebdomadaires diffusés sur Spotify et Apple Music, ainsi qu’aux prestigieux ARIA Awards.
La controverse autour de la reprise de Like a Prayer
par Josh Fawaz
Ce tournant réglementaire intervient après le succès viral de la reprise du tube de Madonna par le DJ et producteur originaire de Brisbane, ainsi que l’a rapporté CBC News. Sa version du morceau Like a Prayer
, parue à l’origine en 1989, s’est hissée en tête des diffusions radiophoniques en Australie et a occupé une place de choix dans le top 20 durant seize semaines, atteignant même la quatrième position des classements principaux au plus fort de sa popularité.

Des producteurs indépendants ont rapidement soulevé des inquiétudes quant à l’utilisation non déclarée d’éléments générés par la machine, certains comparant le rendu final aux productions de la plateforme Suno. Selon The Independent, l’artiste a par la suite mis à jour les crédits de son morceau sur les plateformes de streaming pour reconnaître l’emploi de l’intelligence artificielle sur les parties vocales et les percussions, tout en défendant sa démarche sur Instagram.
Annabelle Herd, directrice générale de l’ARIA, a déclaré que les classements ARIA demeureraient toujours une mesure transparente de la musique consommée en Australie, tout en soulignant qu’un classement récompensant des productions issues d’une IA non autorisée saperait les fondements mêmes de la musique enregistrée que leur organisation a pour mission de représenter.
Pour la direction de l’association professionnelle, laisser la place à des contenus synthétiques non autorisés risquerait de fragiliser l’ensemble de la création artistique locale.
Une directive alignée sur les standards mondiaux de l’industrie
La décision australienne s’inscrit dans un mouvement international plus large coordonné par la Fédération internationale de l’industrie phonographique.

Du côté de la communauté académique et créative, cette transition technologique susprime des réactions nuancées. Parallèlement, Alexis Weaver, compositrice et chargée de cours au Conservatoire de musique de Sydney, salue une initiative qu’elle qualifie de nécessaire pour valoriser la patte humaine, tout en admettant que les outils algorithmiques occupent désormais une place incontournable dans le paysage musical contemporain.