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Pétrole Américain : Le WTI Recule Face aux Sanctions Contre l’Iran

Le contrat à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a chuté de 1,37 dollar, soit 1,7 %, à 80,99 dollars à 22h40 GMT, après avoir déjà perdu 3,1 % mardi pour…

Pétrole Américain : Le WTI Recule Face aux Sanctions Contre l'Iran

Le contrat à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a chuté de 1,37 dollar, soit 1,7 %, à 80,99 dollars à 22h40 GMT, après avoir déjà perdu 3,1 % mardi pour clôturer à son plus bas niveau depuis le 13 août.

Le repli des cours pétroliers face aux sanctions américaines et aux prises de bénéfices

Les prix du pétrole marquent une pause après deux semaines de forte progression. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdant 2,88% à 89,52 dollars vers 10H10 GMT (12H10 à Paris) le mardi, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison le même mois, tombait de 2,94% à 82,51 dollars. Le baril de Brent cédait par ailleurs 1,8% à 92,7 dollars le 24 août, après avoir gagné environ 13% au cours des deux dernières semaines, et le WTI s’échangeait près de 85 dollars (-2%).

Le mouvement de baisse a commencé lundi «avant l’annonce des sanctions américaines et peut probablement être attribuée principalement à des prises de bénéfices après les hausses de prix des deux dernières semaines», estime Arne Lohmann Rasmussen. Ce nouveau train de sanctions dites «secondaires» vise à couper toutes les ressources économiques de l’Iran en ciblant ses partenaires commerciaux sans toucher directement le pays, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.

Zonebourse

La pression sur Téhéran et la menace d’une confrontation avec la Chine

Le ministre des Finances américain, Scott Bessent, a affirmé que ces sanctions secondaires visaient à «couper toutes les ressources économiques» de l’Iran. Scott Bessent a âprement cherché à inciter les alliés de Washington à se joindre à cette initiative d’isolement économique, cherchant à accroître la pression sur les alliés des États-Unis pour qu’ils se joignent à cette initiative lors d’une interview accordée à ‘CNBC’. Dans une tribune publiée par le ‘Financial Times’ intitulée ‘Le Jour J approche pour l’Iran’, le responsable a adressé un avertissement direct.

Le ministre n’a pas précisé quand elles entreraient en vigueur ni quels pays étaient visés. La Chine, grande consommatrice de pétrole iranien et principal acheteur du brut de ce pays membre de l’OPEP, a déjà prévenu qu’elle «défendra fermement» ses intérêts, et un nouvel embrasement de la guerre commerciale entre ces deux pays pourrait fragiliser davantage l’économie mondiale et la demande de pétrole. La question «reste de savoir si les États-Unis sont réellement disposés à appliquer les sanctions contre la Chine», souligne Arne Lohmann Rasmussen.

Les analystes soulignent la complexité et les risques d’une telle confrontation. Chris Weston, responsable de la recherche chez Pepperstone Group, indique à l’agence : «intituler sa tribune ‘Le Jour J approche pour l’Iran’ ne laisse guère penser qu’il cherche à se faire des amis ; il faut donc s’attendre à un message empreint de défiance… Toute initiative visant délibérément à perturber de manière significative les importations de brut iranien comporte des risques considérables tant au niveau de l’exécution que des réactions qu’elle susciterait».

L’incertitude persistante autour du détroit d’Ormuz et des flux réels

Au cœur de la volatilité des marchés se trouve la navigation dans le détroit d’Ormuz, artère vitale par laquelle transitait un cinquième des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) avant le début de la guerre en février, et qui demeure la variable à l’impact le plus important sur les prix du brut. L’Iran a indiqué avoir relancé les pourparlers avec l’Oman pour gérer le détroit, alors que le pays fait face à une pression économique accrue de la part du président américain Donald Trump, les deux pays menant des discussions intermittentes depuis des semaines sur le contrôle du trafic. Washington et Téhéran ont tous deux affirmé à maintes reprises contrôler le détroit.

Vers 10H10 GMT (12H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, perdait 2,88% à
Photo: Le Figaro

Estimer précisément le volume de pétrole parvenant actuellement au marché via ce passage demeure actuellement très difficile à estimer. Selon un article publié la semaine dernière par le média américain Axios et citant des responsables américains, environ 10 millions de barils par jour (mb/j) de pétrole parviennent au marché en provenance du détroit d’Ormuz, avec 15 à 20 pétroliers qui entrent et sortent chaque nuit par ce passage stratégique, bien que les chiffres avancés soient difficiles à vérifier. En outre, la République islamique a autorisé plusieurs pétroliers irakiens à emprunter cette voie stratégique à la demande de Bagdad, selon les médias iraniens.

De nombreux bateaux coupent leur système d’identification automatique et passeraient sans être visibles. Selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, «les entreprises de suivi maritime les plus performantes au monde peinent actuellement à compter les navires».

«Ces navires finiront par apparaître dans un pays de destination à un moment donné et seront suivis ultérieurement», ajoute Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, interrogé par l’AFP, précisant que ce suivi des navires à l’arrivée «ne laissent pas penser que les flux aient atteint, jusqu’à présent, un niveau aussi élevé que 10 mb/j».

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.