Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Ratko Mladić est mort en détention à La Haye

Ratko Mladić, l'ancien commandant militaire des Serbes de Bosnie condamné pour génocide et crimes contre l'humanité, est mort le 27 août 2026 à l'âge de 84 ans dans une unité de…

Bosnian Serb General Ratko Mladic has died

Ratko Mladić, l’ancien commandant militaire des Serbes de Bosnie condamné pour génocide et crimes contre l’humanité, est mort le 27 août 2026 à l’âge de 84 ans dans une unité de détention des Nations unies à La Haye, selon les informations de la télévision nationale de Serbie.

L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, dont le nom reste à jamais associé aux heures les plus sombres de l’éclatement de la Yougoslavie, s’est éteint en détention aux Pays-Bas. Sa mort survient alors qu’il purgeait une peine de réclusion à perpétuité prononcée par la justice internationale pour des crimes commis pendant le conflit intercommunautaire entre 1992 et 1995, un conflit qui a fait près de 100 000 morts et plus de deux millions de déplacés.

Du commandement militaire à la prison à perpétuité à La Haye

Né en 1943 dans l’est de la Bosnie, Ratko Mladić a mené une carrière de militaire formé dans les institutions de la Yougoslavie communiste avant de prendre la tête de l’armée de la Republika Srpska au début de la guerre en Bosnie-Herzégovine. Aux côtés de Radovan Karadžić, il est devenu l’un des principaux artisans de la campagne territoriale menée par les forces serbes de bosnie. Sa cavale de seize années s’est achevée en mai 2011 lorsqu’il a été arrêté en Serbie dans le village de Lazarevo avant d’être extradé vers les Pays-Bas.

Son procès s’est ouvert en 2012 devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. En 2017, la juridiction l’a reconnu coupable de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, le condamnant à la réclusion à perpétuité. Un verdict confirmé en appel en 2021 par le Mécanisme résiduel pour les tribunaux pénaux de l’ONU à La Haye, consolidant sa condamnation définitive.

Le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica

L’histoire retiendra de Mladić les méthodes brutales qu’il a imposées sur le terrain, ce qui lui a valu le surnom de « boucher des Balkans ». Sous son commandement, la capitale bosnienne a subi un siège de près de quatre ans marqué par des bombardements continus et des tirs de snipers qui ont coûté la vie à plus de 10 000 civils. L’agence de presse indique que l’ancien général avait notamment ordonné à ses artilleurs de tirer sans arrêt pour rendre la population folle.

Ratko Mladić est mort en détention à La Haye
Photo: 21news

Son nom demeure surtout scellé au massacre perpétré en juillet 1995 dans l’enclave de Srebrenica, pourtant proclamée zone de sécurité par les Nations unies. Les forces placées sous ses ordres y ont exécuté environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans en l’espace de quelques jours, jetant leurs corps dans des fosses communes. La justice internationale a qualifié ces actes de génocide.

Une fin de vie marquée par la maladie et les tensions politiques

Gravement malade depuis plusieurs mois, l’ancien commandant militaire est décédé quelques jours seulement après le rejet par les instances judiciaires de l’ONU d’une demande formulée par sa famille et le gouvernement serbe visant à le transférer dans un hôpital militaire de Belgrade pour y recevoir des soins.

Ratko Mladić est mort en détention à La Haye
Photo: Dhnet

Alors que la disparition de Mladić ravive la douleur des familles des victimes pour qui les recherches se poursuivent, l’ancien général restait perçu par une frange nationaliste en Serbie et en Republika Srpska comme une figure héroïque, illustrant les divisions persistantes autour de l’héritage de la guerre de Bosnie.

Bosnian Serb General Ratko Mladic has died

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.