Trente Canadiens et résidents permanents sont portés disparus au Népal et au Tibet après des crues soudaines et catastrophiques survenues le 27 août 2026. L’effondrement d’un glacier de haute altitude a déclenché une coulée torrentielle de boue et de débris sur la rivière Trishuli, faisant des centaines de morts à travers la région.
Une série de crues soudaines d’une violence inouïe a ravagé la région frontalière entre le Népal et la région autonome du Tibet, en Chine, le mercredi 27 août 2026, entraînant un lourd bilan humain et matériel. La catastrophe, provoquée par l’effondrement massif d’un glacier, a balayé des ponts, des routes, des habitations et des infrastructures énergétiques le long de la rivière Trishuli, également connue sous le nom de Bhotekoshi. Selon le dernier point de situation fourni par le gouvernement fédéral canadien, le nombre de citoyens canadiens et de résidents permanents sans nouvelles est passé à trente, contre vingt-cinq recensés plus tôt dans la semaine.
Bilan humain mondial et citoyens canadiens recherchés au Népal
Les répercussions de cette catastrophe touchent des ressortissants de nombreux pays, pris au piège alors qu’ils effectuaient des randonnées, des excursions guidées ou des pèlerinages religieux. Face à l’ampleur des disparitions, les autorités canadiennes intensifient leurs efforts de recherche et de soutien consulaire. À l’heure actuelle, Affaires mondiales Canada [AMC] a indiqué qu’elle était informée de la présence de 30 Canadiens et résidents permanents au Népal et dans la région du Tibet dont les déplacements et l’état de santé n’ont pas encore pu être confirmés, précisant qu’en raison des circonstances extrêmement difficiles sur le terrain, ce nombre pourrait fluctuer au fil des nouvelles informations, tout en soulignant que ses agents consulaires travaillaient d’urgence pour établir le contact et confirmer leur sécurité, a déclaré la ministre des Affaires étrangères Anita Anand dans une communication officielle relayée par Global News.
Pour faire face à cette crise, Ottawa a dépêché des renforts sur place. Son équipe au sein d’AMC déploie cinq agents consulaires supplémentaires à Katmandou pour soutenir les Canadiens et coordonner les actions avec les responsables et partenaires locaux, et d’autres ressources seront fournies selon les besoins, tout en travaillant en étroite collaboration avec les homologues népalais et chinois ainsi qu’avec des partenaires internationaux et des alliés qui comptent également des citoyens dans la région, a ajouté la ministre selon la même source. Parallèlement, le système d’enregistrement des Canadiens à l’étranger fait état de 858 inscrits au Népal et de 18 au Tibet, bien que ces chiffres restent indicatifs en raison du caractère volontaire de la démarche.
Le drame des pèlerins à la frontière tibétaine
Parmi les groupes touchés figure une délégation de pèlerins canadiens. Douze voyageurs de nationalité canadienne faisaient partie d’un groupe d’environ quatre-vingts personnes bloqué à un centre de contrôle de l’immigration au port de Gyirong, au Tibet, au moment où les eaux ont submergé les lieux, comme le rapporte The Globe and Mail. Organisé par la Fondation Isha, le voyage menait ces pèlerins vers le mont Kailash et le lac Manasarovar, des sites sacrés pour les hindous.

Le dirigeant spirituel de la fondation, Jaggi Vasudev, connu sous le nom de Sadhguru, a exprimé son angoisse dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il a déclaré que le bâtiment même où ils se trouvaient pour l’immigration une semaine auparavant avait été entièrement emporté par les eaux, de même qu’une partie de la ville, précisant qu’aucun contact n’avait pu être établi avec le groupe depuis l’envoi d’un dernier message par le chef de file peu avant la catastrophe. Les représentants de l’organisation soulignent que la tragédie s’est nouée en l’espace de dix minutes, rendant toute évacuation impossible face à des infrastructures totalement détruites.
L’effondrement glaciaire et la rupture de la rivière Trishuli
Si les premiers rapports administratifs évoquaient de possibles secousses sismiques à l’origine de glissements de terrain, l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) a ensuite confirmé qu’un effondrement glaciaire avait provoqué l’événement sismique de magnitude 5,2 enregistré le mercredi matin à 8h37 heure locale, selon les analyses de The Guardian.

L’analyse d’images satellitaires par des experts en géomorphologie a permis de mesurer l’ampleur du phénomène. Un bloc de glace d’une superficie de 0,2 kilomètre carré s’est détaché à environ 5 200 mètres d’altitude pour s’écraser sur le fond de la vallée plus de 1 200 mètres plus bas. Selon les observations relayées par la même publication, la fonte importante de neige constatée au cours des vingt-quatre heures précédant le drame suggère des températures particulièrement élevées dans la région.
Le professeur Andrew Mackintosh, glaciologue à l’Université Monash de Melbourne, a expliqué via The Guardian que lorsqu’un glacier de cette envergure s’effondre, il génère une grande quantité d’eau, ce qui déclenche une séquence d’événements en cascade où l’eau et les sédiments se combinent, prennent de l’ampleur et provoquent l’inondation.
Vulnérabilité accrue de l’Himalaya face au réchauffement climatique
Les scientifiques soulignent la rapidité des transformations dans l’arc himalayen, une zone qui se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Bien que la communauté scientifique demeure prudente quant à l’établissement d’un lien direct et systématique entre chaque effondrement de glacier individuel et le changement climatique, la dégradation du permafrost de montagne — qui sert de liant naturel sur les pentes escarpées — est quant à elle clairement documentée.
Les bilans officiels et internationaux confirment la fragilité persistante de la région. D’après les données compilées par les agences locales et étatiques, le bilan provisoire fait état de plus de 390 morts au Népal, tandis que les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions extrêmement difficiles au milieu des accumulations de boue et de débris. Les gouvernements étrangers et les équipes de secours continuent de coordonner leurs actions pour retrouver les centaines de personnes toujours portées disparues de part et d’autre de la frontière.