La situation humanitaire en Syrie demeure marquée par de graves difficultés en juin 2026, avec 15,6 millions de personnes dans le besoin selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies. Malgré le renversement du régime en décembre 2024 et le retour de millions de déplacés, la crise économique et les pénuries persistent.
Près d’un an et demi après la chute du régime d’Al-Assad le 8 décembre 2024, le paysage syrien connaît des mutations profondes rythmées par le retour massif de populations. Selon les données compilées par les agences humanitaires, plus de 3,7 millions de personnes, incluant à la fois des déplacés internes et des réfugiés, ont regagné leurs zones d’origine. Pourtant, ce mouvement de retour s’inscrit dans un contexte d’extrême vulnérabilité, caractérisé par une économie exsangue et des infrastructures largement détruites par des années de conflit civil.
Une crise humanitaire persistante et des besoins évalués par l’ONU en juin 2026
L’évaluation publiée en juin 2026 par les services gouvernementaux britanniques, s’appuyant sur les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), met en lumière l’ampleur des défis actuels. Environ une part importante de la population syrienne, soit 15,6 millions de personnes, dépend de l’aide humanitaire pour survivre.
La cartographie établie par l’OCHA répartit les 272 sous-districts du pays selon des degrés d’urgence précis :
- 85 sous-districts présentent des niveaux de besoin dits « extrêmes ».
- 177 sous-districts affichent des conditions classées comme « sévères ».
- Les programmes d’aide humanitaire, aux ressources insuffisantes face à la demande globale, doivent cibler en priorité les populations aux besoins les plus criants.
Cette détresse générale s’explique en grande partie par l’effondrement de l’économie nationale. Bien que la situation générale ne franchisse pas systématiquement le seuil juridique d’un traitement inhumain ou dégradant au sens de la Convention européenne des droits de l’homme, chaque cas individuel nécessite un examen minutieux des conditions de vie concrètes qui attendent les personnes de retour.
Les risques de protection et les défis du retour pour les déplacés internes
Alors que le pays abrite toujours une population estimée à 5,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur des frontières, les retours en cours s’accompagnent de multiples dangers.
Parmi les menaces les plus immédiates figure la contamination par des engins explosifs, qui continue de causer des blessures et des décès. À cela s’ajoutent des difficultés d’accès au logement. De nombreux retours se heurtent à des violations liées au logement, à la terre et aux biens, les habitations ayant pu être occupées pendant l’exode. Ces différends débouchent fréquemment sur des expulsions forcées, des intimidations ou des représailles.

Les acteurs humanitaires signalent également les risques sécuritaires suivants :
- Des détentions arbitraires, des actes d’extorsion et des enlèvements dans certaines zones.
- Des tensions sociales et des discriminations exacerbées par la rareté des ressources et les divisions politiques ou sectaires.
- Une pénurie chronique de services essentiels, incluant l’eau, l’alimentation, la santé et l’éducation.
L’absence de documents civils valides aggrave cette précarité, privant de nombreux individus de la possibilité d’exercer leurs droits ou d’accéder aux recours juridiques. Les familles se tournent parfois vers des mécanismes d’adaptation néfastes, tels que le travail des enfants ou les mariages précoces, pour faire face à la flambée des prix et aux pénuries d’énergie.
Le cadre des retours et la coordination des acteurs humanitaires
Face à la multiplicité de ces crises, les organisations de protection tentent d’harmoniser leurs interventions à l’échelle nationale.

Ces directives exigent que tout mouvement de retour demeure volontaire, sûr, digne et éclairé. Les autorités et les partenaires humanitaires doivent maintenir une présence active sur le terrain pour identifier, prévenir et atténuer les risques de protection à chaque étape du parcours des rapatriés, dans un environnement où la transition vers la reprise économique reste fragile.