À partir du 1er septembre, le cadre de médiation et l’unité des relations communautaires s’étendent à l’ensemble de Singapour. Annoncée conjointement par trois ministères, cette généralisation vise à offrir aux résidents un soutien renforcé pour résoudre les conflits de voisinage dès leur apparition, en s’appuyant sur l’expérience du projet pilote mené à Tampines.
Le dispositif s’étend à l’échelle nationale suite aux résultats observés lors du projet pilote de Tampines. Le ministère de la Culture, de la Communauté et de la Jeunesse, le ministère du Droit et le ministère du Développement national ont annoncé conjointement cette décision, soulignant que les résidents de tout Singapour bénéficieront d’un soutien renforcé pour régler leurs différends de voisinage de manière plus efficace et à un stade plus précoce grâce à la médiation.
Généralisation du cadre de médiation et pouvoirs élargis dès le 1er septembre
À partir du 1er septembre, le Housing & Development Board (HDB) et l’Association du Peuple (People’s Association, PA) disposeront des compétences nécessaires pour émettre des orientations de médiation dans les ensembles de logements publics. L’Association du Peuple sera également habilitée à délivrer ces mêmes directives dans les zones d’habitation privées.
Ces orientations de médiation obligent les parties en désaccord à participer à une séance au Centre de méditation de la communauté (Community Mediation Centre, CMC). Ces décisions sont soutenues par la loi et doivent être respectées, garantissant ainsi qu’un refus déraisonnable d’intervenir puisse être encadré.
Parallèlement, l’Unité des relations communautaires (Community Relations Unit, CRU), initialement conçue pour traiter les cas les plus graves de nuisances sonores et de thésaurisation, verra son champ d’action déployé partout au pays. Selon un entretien accordé en août 2024 par Yap Yeow Chern, alors directeur principal des opérations du bureau des services municipaux, l’unité utilise des technologies spécifiques pour enquêter sur les tapages nocturnes persistants et y remédier.
Le rôle des médiateurs et les défis du terrain
Les cas traités par le passé mettent en lumière la complexité des relations de voisinage. Thirunal Karasu, qui comptent chacun plus de deux décennies de bénévolat à leur actif, ont mené à bien plus de 200 dossiers chacun, affichant des taux de règlement d’environ 70 pour cent et 90 pour cent respectivement.
Bien que les problèmes puissent différer d’un cas à l’autre, ce que j’ai souvent constaté, c’est que les préoccupations et les frustrations s’accumulent lorsque les voisins ne communiquent pas entre eux. Michael Chew Yew Kuen et P. Thirunal Karasu, médiateurs principaux au Centre de médiation de la communauté
Les deux experts rappellent que le bruit demeure l’un des motifs de discorde les plus fréquents. D’après leur expérience, les désaccords initiaux ne constituent souvent qu’une facette d’un malaise plus profond, nourri par des malentendus accumulés au fil du temps. Monsieur Thirunal insiste sur le fait que la durée d’un différend et la dégradation progressive des liens compliquent considérablement la recherche d’un accord.
Pour autant, la médiation offre une tribune indispensable pour apaiser les tensions. Michael Chew souligne que les intervenants doivent conserver une neutralité absolue, quitte à mener des entretiens séparés lorsque l’émotion l’emporte ou que des sujets délicats ne peuvent être abordés en séance conjointe.
Les parties peuvent être frustrées ou méfiantes et avoir des opinions arrêtées sur ce qui s’est passé ou sur ce qu’elles attendent de l’autre partie. Michael Chew Yew Kuen, médiateur principal au Centre de médiation de la communauté
Des accords reconnus par les tribunaux et une responsabilité partagée
Un autre changement majeur réside dans la valorisation juridique des compromis trouvés. Les résidents qui parviennent à un accord par la voie de la médiation communautaire peuvent désormais enregistrer leur accord sous forme d’ordonnance auprès des Tribunaux de résolution des litiges communautaires (Community Disputes Resolution Tribunals, CDRT), avec l’assentiment des deux parties.
Cette officialisation permet une application simplifiée et plus rapide en cas de non-respect ultérieur.

Toutefois, les autorités rappellent que la législation ne saurait se substituer au civisme. Les agents de la CRU disposent certes de prérogatives d’enquête — incluant l’audition de témoins, la délivrance d’avertissements et l’émission d’ordres de cessation de nuisance —, mais leur intervention demeure circonscrite aux situations les plus graves où toutes les autres démarches ont échoué.
En fin de compte, la construction de voisinages harmonieux relève d’une responsabilité partagée. Des communautés fortes se bâtissent lorsque les voisins se traitent avec considération, respect et compréhension, et lorsqu’ils unissent leurs forces dès le début pour résoudre leurs différends de manière amiable. Ministère de la Culture, de la Communauté et de la Jeunesse, ministère du Droit et ministère du Développement national