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China tech firms drive AI data centre boom en Asie du Sud-Est

La région de l'Asie du Sud-Est s'impose comme un pôle incontournable pour le stockage et le traitement des données informatiques.

China tech firms drive AI data centre boom en Asie du Sud-Est

La région de l’Asie du Sud-Est s’impose comme un pôle incontournable pour le stockage et le traitement des données informatiques. Porté par une demande mondiale en forte augmentation, le secteur de l’infrastructure numérique attire des investissements colossaux.

Cette dynamique profite directement à plusieurs économies de la zone. Un rapport conjoint rédigé par Boston Consulting Group, Temasek Holdings et l’Autorité de développement des infocommunications de Singapour estime ainsi que l’intelligence artificielle ajoutera environ 120 milliards de dollars au produit intérieur brut de six pays de la région — l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, le Vietnam et les Philippines — à l’horizon 2027.

Le rôle central des géants technologiques chinois et la domination de Johor en Malaisie

Les entreprises de cloud computing et les fournisseurs de centres de données venus de Chine s’implantent massivement dans les hubs régionaux pour répondre à cette demande de capacités de calcul. Dans l’État de Johor, en Malaisie, reconnu comme le plus grand pôle informatique d’Asie du Sud-Est, les acteurs chinois jouent un rôle prépondérant. Des groupes comme ByteDance, Alibaba et Tencent louent activement des espaces dans les centres de données locaux.

La situation est similaire en Thaïlande, devenue l’une des nouvelles frontières de ces infrastructures. Un dirigeant du secteur des centres de données cité par la même source indique que sur environ 1,5 gigawatt de projets approuvés dans le pays, ceux bénéficiant de liaisons d’investissement chinoises ou servant principalement des clients technologiques chinois représentent entre 60% et 70% du total.

Pour Jonathan Jia Zhu, président et associé de Bain Capital Greater China, trois critères indispensables favorisent cette implantation rapide : des terrains dotés d’un accès électrique suffisant, des liaisons de câbles sous-marins internationaux robustes et une chaîne d’approvisionnement industrielle complète. L’Asie du Sud-Est réunit l’ensemble de ces conditions, tandis que des pays comme l’Australie affichent des réglementations plus restrictives et des délais de livraison de projets nettement plus longs.

En Amérique du Nord ou en Australie, les contraintes énergétiques peuvent signifier qu’un centre de données prend deux ou même trois ans à être livré. En Asie du Sud-Est, les équipes d’infrastructure chinoises peuvent en livrer un dès l’année suivante. Jonathan Jia Zhu, président et associé de Bain Capital Greater China, via ThinkChina

Un rapport de l’Académie chinoise des technologies de l’information et des communications publié en mai 2026 chiffre la capacité totale des infrastructures de calcul dans les principaux marchés d’Asie du Sud-Est à plus de 4,4 gigawatts pour l’année 2025, avec une prévision dépassant les 10 gigawatts d’ici 2030.

La pression énergétique et le lancement d’un pôle de formation par Schneider Electric

Cette croissance fulgurante s’accompagne d’un défi majeur lié à la consommation d’électricité. L’accélération de l’intelligence artificielle a fait bondir la demande énergétique des centres de données à l’échelle mondiale. Face à cette situation, les entreprises industrielles adaptent leurs stratégies pour améliorer l’efficacité énergétique.

C’est dans ce contexte que le groupe technologique français Schneider Electric a annoncé son projet d’ouvrir un centre de formation en Asie du Sud-Est implanté en Malaisie au cours de l’année 2026, selon des déclarations rapportées par Reuters. Henri Berthe, président du segment des semi-conducteurs et des batteries de l’entreprise, a souligné que la Malaisie constitue également un carrefour stratégique pour les semi-conducteurs, abritant environ 13% des activités mondiales de test et d’emballage.

Cette croissance nous pousse à investir en Asie du Sud-Est. Henri Berthe, président du segment des semi-conducteurs et des batteries chez Schneider Electric, via Reuters

Le futur centre de formation technique fournira des compétences opérationnelles aux partenaires et aux utilisateurs finaux de la région, incluant les entreprises de semi-conducteurs. Les équipements utilisés iront des systèmes de gestion d’énergie à moyenne tension jusqu’aux solutions spécifiques pour centres de données.

Perspectives et innovations pour réduire la consommation des infrastructures

Schneider Electric intègre l’intelligence artificielle dans ses propres systèmes pour permettre à ses clients de piloter leur consommation d’énergie de manière prédictive. Ces technologies offrent la possibilité d’ajuster le fonctionnement des groupes frigorifiques en fonction des conditions météorologiques, ce qui permet aux installations très énergivores telles que les centres de données et les usines de semi-conducteurs de réduire leur consommation de manière significative, un volume important pour des structures de cette envergure.

The logo of Schneider Electric is pictured at the Global Industrie exhibition in Villepinte near Paris, France, March 26
Photo: Reuters

Alors que la capacité des centres de données dans la région devrait tripler d’ici 2030, la synergie entre investissements technologiques chinois, afflux de capitaux mondiaux et innovations en matière d’efficacité énergétique redessine durablement le paysage numérique et industriel de l’Asie du Sud-Est.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.