Des chercheurs du Roswell Park Comprehensive Cancer Center rapportent que l’exercice physique peut inverser la suppression immunitaire pulmonaire liée à l’obésité chez les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules. Publiée dans les Annals of Surgery, l’étude démontre une réduction des cellules immunosuppressives et une augmentation des lymphocytes tueurs de tumeurs.
L’impact de l’obésité sur la réponse immunitaire pulmonaire
L’obésité affaiblit la capacité naturelle du système immunitaire à détruire les tumeurs dans les cas de cancer du poumon, favorisant ainsi la progression de la maladie. Pour comprendre ce mécanisme, des équipes du Roswell Park Comprehensive Cancer Center ont analysé des échantillons cellulaires provenant de 73 patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules, classés selon leur surface adipeuse totale et leur niveau d’activité physique.
Les analyses ont mis en évidence l’accumulation de graisses dans ces tissus, un phénomène qui perturbe la fonction immunitaire.
« chronic systemic [body-wide] inflammation can lead to a suppression of our immune system, » Roswell Park Comprehensive Cancer Center
Le rôle correcteur de l’activité physique face au cancer
Face à cette dysfonction immunitaire, l’exercice physique offre une perspective thérapeutique intéressante. En comparant des souris obèses ou minces, saines ou atteintes d’un cancer du poumon, les chercheurs ont constaté que celles qui avaient accès à une roue d’exercice présentaient des modifications cellulaires nettes. Par rapport aux groupes sédentaires, les souris actives affichaient moins de cellules T régulatrices — qui répriment la réponse anti-tumorale — et davantage de cellules T CD8+, capables de détruire activement les cellules cancéreuses. De surcroît, la croissance des tumeurs était ralentie chez les sujets atteints de cancer qui pratiquaient une activité physique.
Les examens menés sur les patients humains confirment cette tendance. Les échantillons prélevés chez les patients qui faisaient de l’exercice contenaient à la fois moins de cellules T régulatrices et moins de cellules myéloïdes favorisées par la graisse, lesquelles entravent habituellement la réponse de l’organisme contre les tumeurs.
Le Dr. Yendamuri, Chair, Department of Thoracic Surgery, Roswell Park Comprehensive Cancer Center, a déclaré que cette étude démontre comment l’exercice peut corriger la dysfonction immunitaire dans les poumons pour offrir une défense plus forte contre les tumeurs.
Perspectives thérapeutiques et approches pharmacologiques
Ces observations suggèrent que l’activité physique pourrait s’intégrer de manière simple et accessible dans la prise en charge des patients. Les travaux de l’équipe de Roswell Park ont été soutenus par des subventions de l’Institut national du cancer et des Instituts nationaux de la santé. L’établissement de santé, fondé en 1898 à Buffalo, continue de développer des innovations en matière de prévention et de traitement du cancer.

Des études récentes menées sur des modèles de carcinome pancréatique évaluent également l’impact de molécules ciblant les incrétines, telles que le rétatrutide ou le sémaglutide, montrant des réductions marquées de la masse grasse et une amélioration des paramètres métaboliques.
Le Dr. Ray, Associate Professor of Oncology, Department of Cancer Prevention & Control, Roswell Park Comprehensive Cancer Center, a souligné que l’exercice peut constituer un complément gratuit et non invasif au régime de traitement d’un patient, susceptible d’améliorer les résultats cliniques.