La BERD a multiplié par 3,5 sa facilité de partage des risques avec Attijari bank Tunisie, la portant de 20 millions à 70 millions d’euros. Cette décision, annoncée dans le cadre de ses opérations récentes, s’accompagne d’une nouvelle ligne de financement de 10 millions de dollars dédiée aux investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Le partenariat stratégique entre la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement et Attijari bank Tunisie franchit une étape décisive. L’institution européenne a décidé d’augmenter massivement le plafond de son mécanisme de partage des risques, le faisant passer de 20 millions d’euros à 70 millions d’euros. Cette extension financière vise à dynamiser l’octroi de crédits aux entreprises à travers tout le pays.
Ce dispositif, connu sous le nom de Risk Sharing Facility, permet à la institution européenne de partager le risque de crédit avec sa banque partenaire. Concrètement, cette structure permet à la banque locale de soutenir davantage de projets d’entreprises sans alourdir excessivement sa propre exposition financière.
Un nouveau fonds de 10 millions de dollars pour les investissements ESG
Au-delà de la facilité de partage des risques, la BERD déploie une nouvelle ligne de financement de 10 millions de dollars américains, soit environ 8,6 millions d’euros. Cette enveloppe spécifique est consacrée aux investissements répondant aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance des entreprises clientes.
Les projets éligibles à ce volet incluent des initiatives variées, telles que l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’installation d’équipements en énergies renouvelables et le déploiement de technologies de réduction des déchets. Les sous-projets pourront également cibler la formation des employés, les bonnes pratiques de travail, la gestion des risques ainsi que l’égalité des genres, selon les informations diffusées par les publications spécialisées.
De surcroît, ces initiatives environnementales et sociales bénéficieront de subventions directes financées par le Royaume-Uni. Ces aides s’inscrivent dans le cadre du High-Impact Partnership on Climate Action, un fonds multi-donateurs géré par l’organisation européenne qui associe plusieurs pays partenaires.
Le bilan des projets conjoints et la qualité du portefeuille bancaire
Depuis la mise en place initiale du mécanisme de partage des risques en 2021, la collaboration entre les deux institutions a déjà permis de soutenir 25 sous-projets. Ces interventions représentent un volume global de financements accordés aux entreprises tunisiennes estimé à environ 400 millions de dinars tunisiens, soit près de 118 millions d’euros.

Cette expansion financière intervient dans un climat où les états financiers de la banque font apparaître des évolutions notables de la qualité de ses actifs. Le montant brut des créances classées a atteint 493,9 millions de dinars à la fin de l’exercice 2025, contre 402,9 millions de dinars un an auparavant, marquant une hausse de près de 23 % en l’espace d’une année. Le taux d’actifs classés s’est ainsi établi à 4,54 %, tandis que le taux de couverture correspondant a reculé à 44,58 %, selon l’analyse des comptes de l’établissement.
L’engagement de long terme de la BERD en Tunisie
Malgré ces indicateurs de risque à surveiller, l’établissement conserve des ratios prudentiels supérieurs aux exigences réglementaires en vigueur. L’augmentation de la facilité de partage des risques répond avant tout à un objectif d’élargissement de l’accès au financement pour le tissu économique local, sans lien direct établi avec la fluctuation de la qualité des actifs.

Depuis le début de ses activités en Tunisie, l’institution européenne a investi plus de 3,1 milliards d’euros à travers 97 projets distincts dans le pays. Environ 66 % de ces investissements globaux ont bénéficié directement au secteur privé, confirmant le positionnement du marché tunisien parmi les priorités régionales de la banque de développement.