La Banque centrale des Émirats arabes unis a annoncé une inspection urgente visant les branches émiraties de la banque publique égyptienne Banque Misr, au lendemain de mesures prises par les autorités américaines contre l’établissement financier. Selon l’annonce de l’institution émiratie, cet examen spécial comprendra une évaluation approfondie et rétrospective couvrant la période mentionnée dans le communiqué du département du Trésor des États-Unis.
Inspection urgente de la Banque Centrale des Émirats
Les contrôleurs de la Banque centrale devront se pencher en détail sur les opérations financières réalisées avec les entreprises citées par Washington. Cette procédure place la banque égyptienne au centre d’un test majeur alors que les régulateurs locaux réagissent aux pressions exercées par le département du Trésor.
Le projet de sanction du Trésor américain
Si la mesure est définitivement adoptée au terme d’une période de consultation publique de 30 jours, les banques américaines n’auront plus le droit d’ouvrir ou de maintenir de comptes de correspondant pour le compte des branches émiraties de l’institution.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré à propos de cette procédure : Banque Misr EAU a choisi de le découvrir dans la douleur
. D’après les allégations du Trésor américain, la banque aurait traité environ 1,8 milliard de dollars d’opérations entre janvier 2024 et juin 2026 pour le compte de 103 sociétés susceptibles d’appartenir à des réseaux bancaires parallèles utilisés par Téhéran pour contourner les sanctions internationales.
Réactions et délimitations de portée au Caire
Face à ces accusations, la Banque centrale égyptienne a tenu à préciser que la mesure américaine demeure strictement circonscrite aux activités en dollars des branches de Banque Misr implantées aux Émirats. Le régulateur égyptien a assuré que la décision ne concerne aucune autre banque en Égypte, ni la maison mère Banque Misr sur son territoire national ou dans ses autres implantations à l’étranger. Des contacts ont été engagés entre le ministère égyptien des Affaires étrangères, la Banque centrale d’Égypte et Washington.

De son côté, la direction de Banque Misr a affirmé respecter pleinement les cadres juridiques et réglementaires en vigueur et coopérer de manière constructive avec les autorités compétentes. Tout en insistant sur le caractère provisoire de la procédure initiée par le FinCEN, l’établissement prépare sa réponse dans le délai imparti. Pour l’instant, la branche émiratie poursuit normalement la fourniture de ses services à l’ensemble de sa clientèle.
Mesures parallèles contre les réseaux iraniens
Parallèlement à l’action visant la banque égyptienne, le département du Trésor a également renforcé ses sanctions en ciblant d’autres vecteurs financiers liés à l’Iran. L’Office of Foreign Assets Control a ainsi ajouté à sa liste de sanctions Reza Mohammad Taeedi, un ressortissant iranien basé à Dubaï et directeur général de la succursale locale de la Bank Melli d’Iran. Ce dernier se trouve soumis à des sanctions secondaires en vertu de dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme.

De surcroît, le Trésor a désigné l’entreprise Kameng Trading Limited, une structure basée à Hong Kong et créée en juillet 2024, accusée d’avoir facilité des opérations de blanchiment de fonds au profit d’un bureau de change iranien préalablement sanctionné. Ces initiatives globales s’inscrivent dans le cadre des efforts menés par les États-Unis pour démanteler les réseaux clandestins iraniens et restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères ainsi qu’au système financier mondial.