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Banque africaine de développement finance 156 M€ pour moderniser l’aéroport d’Arua en Ouganda

by Clara Dubois
Le financement de la Banque africaine de développement pour Arua

Le conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a validé, le 19 juin 2026, un financement de 155,99 millions d’euros pour transformer l’aéroport d’Arua en une infrastructure internationale. Ce projet majeur vise à dynamiser le commerce et le tourisme en Ouganda, tout en renforçant l’intégration régionale en Afrique de l’Est et centrale.

Le financement de la Banque africaine de développement pour Arua

Le financement de la Banque africaine de développement pour Arua
Le coût total du programme de modernisation s’élève à 157,76 millions d’euros, soit environ 685 milliards de shillings ougandais. Selon les détails financiers rapportés par AllAfrica, la Banque africaine de développement fournira un prêt de 141,15 millions d’euros, complété par une contribution de 14,84 millions d’euros de son bras de prêt concessionnel, le Fonds africain de développement. Le gouvernement ougandais participera à hauteur de 1,77 million d’euros sous forme d’apport en nature. Cette injection de capitaux marque la première phase du Programme de développement des aéroports de l’Ouganda (UADP). L’objectif est de faire d’Arua, situé à 450 kilomètres de Kampala, une porte d’entrée stratégique vers le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.

Une infrastructure de classe mondiale pour le West Nile

L’extension technique de l’aéroport d’Arua ne se limite pas à une simple rénovation. Le projet prévoit la construction d’une piste de 3,5 kilomètres capable d’accueillir des avions gros-porteurs, tels que le Boeing 777. Les installations comprendront également de nouvelles voies de circulation, des aires de stationnement, un terminal passagers avec une capacité annuelle de 700 000 voyageurs et un terminal de fret dimensionné pour 25 000 tonnes par an. Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fred Byamukama, a souligné l’importance de cette expansion lors d’un entretien accordé au Weekend Vision, précisant que l’aéroport d’Arua est actuellement le deuxième plus fréquenté du pays après Entebbe.

“Ce projet est bien plus qu’un simple aéroport. Il s’agit de connecter les personnes aux opportunités, d’ouvrir de nouveaux marchés pour les entreprises, de soutenir le tourisme et de renforcer le rôle de l’Ouganda en tant que plaque tournante régionale du commerce et de la logistique,” a déclaré Mike Salawou, directeur de l’Infrastructure et du Développement urbain au sein du Groupe de la Banque africaine de développement.

Une infrastructure de classe mondiale pour le West Nile
Photo: ChimpReports
Mike Salawou, via la Banque africaine de développement Au-delà de la logistique, l’impact social est immédiat : le chantier devrait générer environ 500 emplois directs et plus de 1 400 emplois indirects dans les secteurs de l’agriculture et du commerce, tout en offrant une formation technique à au moins 100 jeunes.

L’ouverture de la région de Karamoja sur le monde

Parallèlement à l’essor du West Nile, l’Ouganda accélère ses projets dans l’est du pays. La construction de l’aéroport international de Kidepo a débuté dans la région de Karamoja, grâce à un partenariat entre le gouvernement et la Chambre de commerce et d’industrie de Sharjah, aux Émirats arabes unis. Ce nouvel aéroport, situé à Lomej, est conçu pour être une installation de Code 4E, capable de gérer des appareils comme l’Airbus A330. Comme l’indique Tourism Update, ce projet vise à désenclaver le parc national de la vallée de Kidepo, un site touristique majeur actuellement accessible par des routes qui peuvent prendre plus de huit heures pour être parcourues.

“Il est prévu que l’aéroport booste le tourisme et accélère le développement à Karamoja. Le Karamoja a parcouru un long chemin depuis l’époque de l’insécurité, des vols de bétail et de l’anarchie. Le rétablissement de la paix a créé les conditions nécessaires au développement,” a affirmé le président Yoweri Museveni lors de la cérémonie de pose de la première pierre.

Marche en avant vers l'investissement, pour la Banque africaine de développement • RFI

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Yoweri Museveni, Président de l’Ouganda Pour les opérateurs locaux, l’enjeu est la réduction des coûts opérationnels liés au carburant et à la maintenance des véhicules, tout en intégrant la région dans des circuits touristiques multi-pays incluant le Kenya, le Rwanda et l’Éthiopie.

L’enjeu crucial de la connectivité terrestre

Malgré l’ambition de ces infrastructures aériennes, une ombre subsiste : la qualité du réseau routier. Si l’aéroport de Kidepo disposera d’une piste de 3 000 mètres, l’accès aux sites touristiques environnants reste problématique, notamment pendant la saison des pluies. Theo Vos, directeur général de Kara-Tunga, a alerté sur la nécessité de compléter les réseaux routiers pour que ces investissements portent leurs fruits. Selon lui, seule la moitié du circuit touristique est actuellement bitumée, et l’aéroport se situe précisément au milieu de cette zone de transition. L’investissement global, qui transforme radicalement la capacité de transport du pays, doit donc s’accompagner d’une stratégie de connectivité terrestre cohérente. Comme le souligne ChimpReports, l’enjeu est de s’assurer que ces hubs ne deviennent pas des îlots de modernité isolés, mais de véritables moteurs pour les économies locales et régionales. La réussite de cette transformation dépendra de la capacité de l’Autorité de l’aviation civile de l’Ouganda (UCAA) à coordonner ces développements avec les ministères des Travaux publics et des infrastructures routières.

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L'enjeu crucial de la connectivité terrestre
Photo: NewVision.co.ug

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