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Éthiopie : L’Accord de Pretoria Fragilisé par des Tensions au Tigray

Près de quatre ans après la signature de l'accord de Pretoria en novembre 2022, les tensions géopolitiques autour de l'accès à la mer Rouge et les différends territoriaux non…

After Pretoria peace deal, old enemies in Ethiopia’s Tigray find new ground

Près de quatre ans après la signature de l’accord de Pretoria en novembre 2022, les tensions géopolitiques autour de l’accès à la mer Rouge et les différends territoriaux non résolus fragilisent la paix dans la région du Tigray en Éthiopie, sur fond de désarmement incomplet et de repositionnement du TPLF.

La signature de l’accord de Pretoria en novembre 2022 entre le gouvernement fédéral éthiopien et le Tigray People’s Liberation Front (TPLF) devait clore deux années de guerre dévastatrice. Le texte prévoyait une cessation permanente des hostilités, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des forces tigrayennes, ainsi que le retour des personnes déplacées. Pourtant, selon les analyses récentes, le conflit a simplement pris d’autres formes, s’inscrivant dans ce que les observateurs qualifient de consolidation des tensions.

Les défaillances du processus de désarmement et la reprise des affrontements

Si les forces tigrayennes ont effectivement remis leurs armes lourdes et que des milliers de combattants ont intégré des programmes de démobilisation, les structures militaires régionales n’ont pas été totalement démantelées, comme le rapporte Al Jazeera. L’article 7 de l’accord interdisait pourtant toute conscription ou mobilisation militaire. Or, des rapports ont fait état de recrutements et de mobilisations dans la région, tandis que l’ancien administrateur en chef du Tigray, Gebru Asrat, a affirmé que le TPLF avait violé l’accord dès le départ en conservant des armes lourdes, d’après les informations diffusées par l’agence de presse ENA.

Une source civile anonyme au Tigray, qui a parlé à Al Jazeera, a déclaré que les habitants du Tigray souhaitaient la paix et ne voulaient pas d’une seconde guerre.

Cette insécurité persistante pèse lourdement sur la population, contraignant de nombreux jeunes à fuir et interrompant la saison agricole, alors que près d’un million de personnes déplacées attendent toujours la paix promise, ainsi que le souligne DW.

L’imbrication des tensions régionales et la rivalité autour de la mer Rouge

La fragilité du pacte de paix s’explique également par son instrumentalisation dans le cadre des rivalités géopolitiques régionales, notamment l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge. Devenu enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, le pays cherche à obtenir un accès souverain à la mer. Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné à plusieurs reprises qu’une population de 150 millions d’habitants ne pouvait rester confinée dans une prison géographique, qualifiant la perte de débouchés maritimes de conséquence de divisions politiques internes, selon les rapports relayés par AllAfrica et The Conversation.

Éthiopie : L'Accord de Pretoria Fragilisé par des Tensions au Tigray
Photo: theconversation.com
Äthiopien 2019 | Premierminister Abiy Ahmed, Präsident Isaias Afwerki & Debretsion Gebremichael
Photo: dw.com

Pour l’Érythrée, qui considère le contrôle de sa côte comme le fruit de trente ans de guerre, les revendications éthiopiennes font craindre une menace sur son intégrité territoriale, en particulier concernant le port d’Assab. C’est dans cette zone frontalière que les intérêts convergent : l’alliance de guerre entre Addis-Abeba et Asmara s’étant effondrée après novembre 2022, l’Érythrée et le TPLF ont trouvé un terrain d’entente tacite pour compliquer la tâche du gouvernement fédéral, divisant les efforts militaires et politiques éthiopiens sur plusieurs fronts.

Le repositionnement politique interne au Tigray

À l’intérieur même du Tigray, la période post-Pretoria a été marquée par de profondes luttes de pouvoir. Obnubilé par des querelles internes sur sa direction, le TPLF a vu ses institutions régionales se transformer. Getachew Reda a été écarté de la tête de l’administration intérimaire en 2025 au profit du lieutenant-général Tadesse Werede.

From Pretoria to Breakdown: Is Ethiopia’s Peace Deal with Tigray Unraveling?”

Cette instabilité institutionnelle et le maintien de zones contestées, comme l’ouest du Tigray administré par les forces amharas, empêchent le retour à une gouvernance constitutionnelle complète. Alors que le gouvernement fédéral et les dirigeants tigrayennes continuent de se rejeter la responsabilité des hostilités, la mise en œuvre sélective de l’accord de Pretoria laisse présager des défis persistants pour la stabilité de la Corne de l’Afrique.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.