Malgré les critiques et une fronde menée par plusieurs confédérations, Gianni Infantino a confirmé sa candidature à sa réélection à la tête de la FIFA pour mars 2027. Ce scrutin intervient dans un contexte de tensions autour de la gouvernance de l’instance mondiale du football.
Gianni Infantino
Gianni Infantino briguera un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle de la FIFA programmée le 18 mars 2027. Un porte-parole de l’instance a confirmé le maintien de sa candidature, soulignant que rien n’avait changé depuis l’annonce faite en avril dernier par le dirigeant selon les informations de l’AFP, alors que le dirigeant est en déplacement à Katowice, en Pologne, pour la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans organisé du 5 au 27 septembre. L’actuel président, en poste depuis 2016 et reconduit en 2023, se retrouve pourtant au centre d’une crise institutionnelle majeure.
Le projet avorté de la société commerciale et la fronde des confédérations
FIFA Forward Enterprise
La contestation s’est intensifiée après la révélation d’un plan visant à externaliser les activités commerciales de l’instance. Fin juillet, le dirigeant a officialisé la création de la FIFA Forward Enterprise (FFE), une société commerciale destinée à gérer les tournois majeurs comme la Coupe du monde et ouverte à des investisseurs privés à hauteur de 20 %. Ce projet a été élaboré sans concertation préalable, suscitant l’indignation de nombreux acteurs du football.

Face à la levée de boucliers, le dirigeant italo-suisse a abandonné l’initiative quatre jours seulement après son officialisation. Mais le mal était fait. Début août, la puissante Confédération européenne (UEFA), la Confédération nord-américaine et caraïbes (CONCACAF) et la Confédération asiatique (AFC) ont désavoué le président dans une lettre commune adressée à l’ensemble de la famille du football. Ses adversaires dénoncent une gouvernance opaque et un projet qui aurait permis à un cercle restreint de tirer profit des actifs les plus précieux de l’organisation.
Des soutiens géographiques divisés et des actions judiciaires en préparation
Kevin Lamour
Le paysage politique du football mondial apparaît profondément fracturé à l’approche du scrutin. En Europe, plusieurs fédérations nationales ont retiré leur appui au dirigeant. L’Italie, la Suède et l’Écosse ont pris position contre lui, emboîtant le pas à divers collectifs de supporters, d’anciens joueurs et à l’un des vice-présidents du conseil de l’instance, Sandor Csanyi. Au sein même de l’administration, le Français Kevin Lamour, numéro 3 de la FIFA, a quitté ses fonctions après avoir désavoué le projet FFE.

Sur le plan juridique, l’UEFA a annoncé fin août qu’elle préparait une plainte pour gestion déloyale à l’encontre du patron de la FIFA, tout en mettant de côté sa menace de boycotter les compétitions de la FIFA pour cette saison. En réaction, la Confédération africaine (CAF) a accordé un soutien unanime, avec 54 fédérations affiliées, au président sortant, tout comme une fraction de la Confédération sud-américaine (CONMEBOL, 10), la fédération d’Arabie saoudite et plusieurs personnalités politiques, dont le président américain Donald Trump, avec qui il a affiché une grande proximité pendant la Coupe du monde nord-américaine cet été.
Les échéances électorales et les adversaires potentiels pour mars 2027
Aleksander Ceferin
Pour s’assurer un nouveau mandat lors du vote du 18 mars 2027, Gianni Infantino aura besoin d’une simple majorité des voix parmi les 211 fédérations affiliées. Les prétendants à la fonction suprême ont jusqu’au 18 novembre pour déposer officiellement leur candidature. Pour l’instant, le dirigeant demeure le seul candidat déclaré.
Aleksander Ceferin, le patron de l’UEFA, a écarté l’idée de se présenter lui-même à la présidence de la FIFA, tout en laissant entendre que si Gianni Infantino maintient sa candidature, « je pense que nous aurons un candidat contre lui. Je ne sais pas encore qui ». Des sources médiatiques évoquent la possibilité d’une entrée en lice du Canadien Victor Montagliani, président de la CONCACAF.