Le chef étoilé Bruno Verjus a annoncé la fermeture de son restaurant parisien La Table, classé parmi les meilleures tables du monde, prévue pour le 22 décembre. L’établissement, doublement étoilé, souffre des exigences économiques du secteur et d’un modèle de haute gastronomie que le chef juge désormais en décalage.
Bruno Verjus, figure incontournable de la scène culinaire parisienne et seul restaurateur français à avoir atteint le podium du classement international 50 Best, a officialisé la cessation d’activité de son établissement phare, La Table, située dans le XIIe arrondissement de la capitale.
Une fermeture annoncée sur les réseaux sociaux
C’est par le biais d’une vidéo en noir et blanc diffusée sur son compte Instagram que le chef de 67 ans a partagé sa décision. Après treize années d’exercice depuis l’ouverture du lieu en 2013, le cuisinier autodidacte a choisi de mettre un terme à l’aventure de cet établissement auréolé de deux étoiles par le Guide Michelin et propulsé à la troisième place mondiale par le palmarès du World’s 50 Best, avant d’occuper le 8e rang.
« La Table a été bien au-delà de tout ce que j’avais imaginé : classée parmi les 10 meilleurs restaurants au monde trois années de suite et détentrice de deux étoiles Michelin depuis cinq ans. C’est précisément pour cela que je veux m’arrêter maintenant. »
Bruno Verjus, chef
Le dernier service de l’établissement est fixé au 22 décembre, marquant la fin d’une table aux additions vertigineuses où les convives s’acquittaient d’un menu unique fixé à 480 euros hors boissons, complété par des accords de vins, sakés et thés facturés entre 200 et 400 euros.
Le constat d’un modèle économique et social en crise
Ancien photographe et chroniqueur gastronomique, le chef a confié son malaise face aux tarifs pratiqués dans son établissement, soulignant qu’il ne se sentait pas à l’aise avec l’idée d’exclure une partie de la population de sa table.
« Le +fine dining+ est mort. L’idée d’exclure des gens de ma table me met mal à l’aise, car pour moi, la haute gastronomie consiste avant tout à faire découvrir une cuisine et un service exceptionnels. J’ai souvent eu le sentiment de perpétuer des pratiques d’un autre temps. »
Bruno Verjus, chef
Les établissements gastronomiques font face à une équation économique particulièrement exigeante qui combine le maintien d’une main-d’œuvre importante, la hausse générale des coûts d’exploitation et une clientèle de plus en plus attentive à ses dépenses et à ses choix nutritionnels. Lors d’une visite de contrôle menée en 2024, l’AFP avait d’ailleurs relevé que le restaurant n’affichait qu’un quart de remplissage lors d’un service, composé en grande majorité de clients étrangers.
Vers un nouveau projet de restauration rapide de qualité
Loin de quitter l’univers de la cuisine, le chef entend rebondir avec un concept inédit baptisé Fast Lane, dont les détails ont été dévoilés au lendemain de son annonce. Cette nouvelle enseigne ambitionne de proposer une offre intermédiaire, décrite par son créateur comme une restauration rapide, mais de qualité. Ni fast-food, ni haute gastronomie
.

Dans le cadre de cette future activité, l’ancien chroniqueur conservera la philosophie qui a fait son succès en privilégiant les poissons, les coquillages, ainsi que les légumes et les fruits de saison, préparés avec la même exigence de précision.
Sur le même sujet
- Tame Impala : Kevin Parker met fin aux autographes en raison de collectionneurs agressifs
- Oasis publie une vidéo mystérieuse laissant présager des concerts à Paris
- Amazon signe un contrat majeur avec ArianeGroup : à Paris, le Sommet international sur l'espace s'ouvre sur un coup d'éclat (lederniereheure.com)