La Russie a affirmé mercredi avoir été visée par un drone ukrainien à 3 000 kilomètres de la frontière, une frappe de longue portée rarissime qui a touché Novy Ourengoï dans l’Oural. Simultanément, Moscou a fait état de l’interception de 596 drones ukrainiens lors d’une offensive nocturne qui a causé quatre morts.
L’attaque menée contre le site industriel de Novy Ourengoï, situé dans le territoire autonome de Iamalo-Nenetsie, a provoqué un incendie sans faire toutefois de morts ni de blessés, d’après les déclarations du gouverneur du territoire autonome de Iamalo-Nenetsie, Dmitri Artioukov. Ce dernier a demandé aux habitants de la région de « garder leur calme » en assurant que « la situation est sous contrôle ». « Aujourd’hui, une attaque de drone contre l’un des sites industriels de Novy Ourengoï a été repoussée. La chute des débris a provoqué un incendie », a-t-il déclaré.
Une frappe record revendiquée par les forces spéciales ukrainiennes
Les forces spéciales ukrainiennes ont confirmé sur Telegram avoir « mené la frappe la plus profonde en territoire russe depuis le début de la guerre », affirmant avoir visé « deux géants de l’industrie russe du condensat de gaz ». « Pour atteindre leurs cibles, les drones des forces spéciales ont parcouru plus de 3 000 kilomètres. Jusqu’à aujourd’hui, cette zone était considérée comme une zone arrière totalement sûre » pour la Russie, ont-ils ajouté. L’analyse relayée par la même source journalistique rappelle que la ville de Novy Ourengoï a été bâtie dans les années 1970 à la suite de la découverte d’un riche gisement de gaz naturel, celui d’Ourengoï. Le blogueur et ex-conseiller au ministère ukrainien de la Défense Serguiï Sternenlo a estimé qu’en parcourant une trajectoire de 3 000 km à partir de la frontière avec l’Ukraine, ce drone avait établi un « nouveau record ».
Cette action d’envergure a été revendiquée par le groupe Fire Point, l’un des principaux artisans des attaques ukrainiennes en profondeur contre la Russie. La situation s’inscrit dans une intensification des tirs de longue portée menés depuis des semaines par l’Ukraine et la Russie, s’en prenant à des sites industriels, militaires ou logistiques. Ce n’est pas la première fois que l’Ukraine bombarde des régions russes très éloignées du front, des drones ayant déjà été lancés fin juillet contre des régions distantes telles que le Bachkortostan et la Tchouvachie.
Bilan lourd de l’offensive nocturne à Novorossiïsk
En parallèle de cet événement dans l’Oural, la Russie a annoncé mercredi avoir abattu dans la nuit 596 drones ukrainiens au-dessus d’une dizaine de régions et de la Crimée annexée, des attaques qui ont fait quatre morts, dont un enfant, selon les autorités.
Le gouverneur régional Véniamine Kondratiev a précisé dans un communiqué sur Telegram : « Nos militaires ont repoussé dans la nuit une attaque massive de drones ennemis contre la région, Novorossiïsk ayant été la ville la plus touchée ». La Russie — qui a lancé en février 2022 une offensive à grande échelle contre son voisin ukrainien — et l’Ukraine sont engagées depuis des mois dans une nette escalade des frappes de longue portée, qui visent des sites énergétiques, logistiques et portuaires, ainsi que des navires en mer Noire.
Pression diplomatique et perspectives de négociations
Cette annonce intervient au lendemain d’un nouvel entretien téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump sur les moyens de régler le conflit en Ukraine. Les efforts diplomatiques poussés par les États-Unis afin de mettre fin à ce conflit sanglant, au point mort depuis longtemps, ont été relancés le week-end dernier avec une visite des émissaires de Washington Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou et à Kyïv.
Après ces déplacements, un nouvel entretien téléphonique a eu lieu mardi entre Vladimir Poutine et Donald Trump qui ont évoqué le conflit en Ukraine avec une « extrême franchise », selon le Kremlin. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé mardi que des négociateurs russes, ukrainiens et américains pourraient se réunir dès ce mois-ci pour discuter d’une issue pacifique. Mais la Russie s’est montrée plus réservée, estimant lundi qu’il était « trop tôt » pour parler concrètement d’une telle rencontre.