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États-Unis : Proposition d’Usines de Transformation Minière au Kenya

Les États-Unis ont proposé d'aider le Kenya à bâtir des industries de transformation locale pour ses gisements de terres rares et de niobium à Mrima Hill, dans le cadre d'un…

États-Unis : Proposition d'Usines de Transformation Minière au Kenya

Les États-Unis ont proposé d’aider le Kenya à bâtir des industries de transformation locale pour ses gisements de terres rares et de niobium à Mrima Hill, dans le cadre d’un partenariat estimé à environ 62,4 milliards de dollars, selon des annonces faites le 9 septembre 2026 à Nairobi.

Le gouvernement des États-Unis a formalisé son intention de soutenir le Kenya dans le développement d’une filière de transformation des minéraux critiques. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de vive rivalité géopolitique entre Washington et Pékin pour sécuriser l’accès aux ressources indispensables aux technologies avancées et à la défense, comme l’a rapporté Reuters.

Le projet de Mrima Hill et l’offre industrielle américaine

Le cœur de cette proposition de partenariat repose sur le gisement de Mrima Hill, situé dans le comté de Kwale. Ce site abrite des réserves de terres rares et de niobium évaluées à environ 62,4 milliards de dollars, soit près de Sh8 trillion de shillings kenyans. Le président kényan William Ruto avait indiqué en juin dernier que son pays approchait de la conclusion d’un accord sur les minéraux critiques avec les autorités américaines.

Lors du sommet de la Chambre de commerce américaine (AmCham) tenu à Nairobi, le sous-secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines, Frank Garcia, a souligné que Washington rejetait le modèle traditionnel d’extraction purement mercantiliste.

Frank Garcia a également précisé que l’offre américaine englobe des investissements dans la transformation, la formation de la main-d’œuvre, le transfert de technologies et le développement d’industries secondaires. L’objectif affiché est d’éviter que les matières premières ne soient simplement exportées vers des centres de traitement situés à des milliers de kilomètres.

Concurrence internationale et transparence de l’appel d’offres

La course pour l’exploitation de Mrima Hill attire plusieurs acteurs mondiaux, les États-Unis cherchant à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine, qui domine actuellement la chaîne d’approvisionnement mondiale et applique des restrictions strictes sur ses exportations. La U.S. International Development Finance Corporation soutient activement plusieurs projets de terres rares sur le continent africain dans cette optique.

Du côté des entreprises candidates, la société américaine Critical Metals Corp et l’entreprise australienne RareX ont annoncé dès juillet qu’elles figuraient parmi les finalistes présélectionnés pour le projet. Harry Kimtai, secrétaire principal au département d’État kényan des Mines, a confirmé lors du sommet qu’il existait six prétendants en lice, dont deux consortiums américains.

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Photo: Reuters

Chris Kulukundis a indiqué que le processus d’appel d’offres pour Mrima Hill se déroule de manière transparente et qu’ils ont deux [participants américains], selon Chris Kulukundis, sous-secrétaire d’État adjoint américain par intérim pour l’Afrique australe et les minéraux critiques, via Reuters.

Parallèlement, le dossier fait face à des contestations sur le plan juridique au Kenya, où le Centre for Litigation and Trust a introduit des recours contre le processus. En outre, le projet global de partenariat reste soumis à des discussions approfondies, aucun calendrier définitif de signature n’ayant été officialisé lors de la rencontre de Nairobi.

La vision kényane de la souveraineté économique

Le président William Ruto a salué l’appui américain tout en réitérant la volonté de son administration de modifier profondément les relations commerciales du pays. Le chef de l’État kényan plaide pour une rupture avec l’exportation exclusive de matières brutes non transformées, illustrée récemment par sa prise de position ferme concernant l’exploitation de la soude par l’entreprise Tata Chemicals Magadi depuis un siècle sans transformation locale suffisante.

Kenya Seeks Critical Minerals Deal with Trump as Ruto Balances US and China | Firstpost Africa

Les terres rares sont indispensables à la fabrication de véhicules électriques, d’éoliennes, d’équipements médicaux tels que les imageurs par résonance magnétique (IRM), ainsi qu’à l’industrie aérospatiale et de défense. Le niobium permet quant à lui de produire des alliages plus solides et plus légers pour les secteurs de la construction et des transports économes en carburant.

Les discussions se poursuivent entre Nairobi et Washington pour finaliser un cadre d’accord mutuel, tandis que le gouvernement kényan examine les offres des différents consortiums internationaux en lice pour le développement de Mrima Hill.

Kenya Nears Critical Minerals Deal With US, Says President Ruto | APT

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.