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Gaël Perdriau Condamné à Cinq Ans de Prison et Dix Ans d’Inéligibilité

L'ancien maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau a été condamné jeudi 10 septembre 2026 par la cour d'appel de Lyon à cinq ans de prison, dont un avec sursis, et dix ans…

Chantage à la sextape à Saint-Etienne: la cour d'appel de Lyon accepte la demande remise en liberté de Gaël Perdriau

L’ancien maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau a été condamné jeudi 10 septembre 2026 par la cour d’appel de Lyon à cinq ans de prison, dont un avec sursis, et dix ans d’inéligibilité dans l’affaire de chantage à la vidéo intime visant son ancien premier adjoint Gilles Artigues.

L’ancien édile stéphanois retourne directement derrière les barreaux, la juridiction lyonnaise ayant assorti sa peine d’un mandat de dépôt avec exécution immédiate.

Les détails du jugement de la cour d’appel de Lyon

La décision rendue ce jeudi par la cour d’appel de Lyon replace l’ancien maire au centre d’un scandale politique et judiciaire qui ébranle la ville depuis des années. Condamné pour participation à une association de malfaiteurs, chantage et détournement de fonds publics, Gaël Perdriau a vu sa peine surpasser les réquisitions formulées par le parquet, qui demandait cinq ans de prison dont trois ferme.

Gaël Perdriau Condamné à Cinq Ans de Prison et Dix Ans d'Inéligibilité
Photo: 20min.ch

Au moment de se voir signifier le mandat de dépôt par la présidente de la cour, l’ancien élu a réagi avec sobriété mais fermeté. Son conseil, Jean-Félix Luciani, a immédiatement annoncé qu’il formerait un pourvoi en cassation assorti d’une demande de remise en liberté, soulignant que son client a toujours contesté être le commanditaire de la machination.

Un complot politique ourdi autour d’un kompromat sexuel

L’affaire trouve son origine en janvier 2015, lorsqu’un piège est tendu à Paris. Gilles Artigues, alors premier adjoint au maire et figure centriste locale dont l’alliance avait permis l’élection de Gaël Perdriau en 2014, est filmé à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué. Cette vidéo compromettante a ensuite servi d’outil de pression politique à partir de 2016 pour museler ses velléités d’indépendance, ainsi que le documente CNews. L’existence de ce fichier n’a été révélée au grand public qu’en août 2022 par le média d’investigation L’Humanité.

Si Gaël Perdriau a reconnu avoir eu connaissance de l’enregistrement en 2015 — tout en affirmant qu’il croyait qu’il s’agissait d’un film tourné entre adultes consentants — et avoir admis avoir utilisé la menace en 2018 lors d’une conversation audio enregistrée à son insu, la justice a retenu la qualification lourde de chantage. La défense avait plaidé pour requalifier les faits en simple menace, un délit moins sévèrement réprimé, mais la cour d’appel a rejeté cette argumentation.

Les peines confirmées pour les coaccusés de l’ancien édile

Outre l’ancien maire, la cour d’appel a statué sur le sort des autres protagonistes impliqués dans l’organisation de cette opération de déstabilisation politique. L’ancien adjoint à l’Éducation et à la Jeunesse, Samy Kéfi-Jérôme, qui avait reconnu avoir recruté l’escort-boy et réalisé la captation, voit sa condamnation de première instance confirmée à quatre ans de prison dont trois ferme, selon les précisions de LyonMag. Il demeure incarcéré.

Gaël Perdriau Condamné à Cinq Ans de Prison et Dix Ans d'Inéligibilité
Photo: Le Progrès
France : le maire de Saint-Etienne condamné à cinq ans de prison pour chantage à la sextape

Gilles Rossary-Lenglet, présenté comme le concepteur du piège et ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme, a bénéficié d’un allègement de sa peine en raison d’un état de santé jugé fragile : sa condamnation a été ramenée de trois à deux ans ferme, assortie de deux ans avec sursis, d’après les données publiées par Le Progrès. Enfin, l’ancien directeur de cabinet de la mairie, Pierre Gauttieri, n’avait quant à lui pas fait appel de sa condamnation prononcée à hauteur de deux ans ferme, rendant sa sanction définitive dès les premiers mois de la procédure.

Le volet financier du dossier a également pesé lourd dans l’arrêt de la cour, qui a validé la condamnation pour détournement de fonds publics. Les investigations ont démontré que des subventions municipales avaient été détournées au profit d’associations fictives pour rémunérer les collaborateurs impliqués dans la mise en place de ce système de chantage. Les parties disposent désormais d’un délai de dix jours pour se pourvoir en cassation.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.