La députée fédérale Monique Ryan est intervenue après l’éviction de quatre femmes du comité général du Camberwell Golf Club en septembre 2026. Cette décision, survenue sur un terrain appartenant au conseil municipal, a suscité de vives critiques concernant la gouvernance et l’équité hommes-femmes au sein du club fusionné.
Une crise institutionnelle secoue le monde du golf à Melbourne à la suite d’une décision abrupte prise lors d’une réunion du comité le mardi 9 septembre 2026. L’ensemble des femmes siégeant au sein de l’instance dirigeante du Camberwell Golf Club ont été écartées de leurs fonctions, provoquant une levée de boucliers politique et institutionnelle. L’établissement, situé sur le parcours public de Freeway Golf Course et implanté sur un terrain municipal à Boroondara, venait pourtant d’achever la réunification de ses sections historiquement séparées pour hommes et femmes, regroupant ainsi 230 membres masculins et 70 membres féminins, selon les détails publiés par les médias spécialisés.
Monique Ryan dénonce une exclusion inacceptable
La députée indépendante pour Kooyong, Monique Ryan, n’a pas mâché ses mots face à cette éviction collective. Elle a déclaré qu’un club sportif masculin pouvait certes compter sur un comité de direction exclusivement masculin, mais qu’il était très mal venu de la part du Camberwell Golf Club d’exclure les femmes de son conseil d’administration comme il venait de le faire, tout en appelant la municipalité locale à exiger des garanties de la part du club concernant le traitement réservé aux femmes, d’après les informations rapportées par la presse locale.
L’élue a rappelé l’existence des principes de gouvernance de la Commission sportive australienne ainsi que la politique de parité Balance the Board
promue par le gouvernement victorien. Pour elle, les femmes désireuses de s’investir dans la gestion des infrastructures sportives communautaires doivent se voir offrir de véritables opportunités de le faire.
La chronologie d’une réunion houleuse au Camberwell Golf Club
Le conflit s’est cristallisé au terme d’une réunion du comité de direction qui s’est tenue dans une atmosphère particulièrement tendue. Quelques minutes avant l’éviction des quatre membres féminins, David Greenhill, responsable de la gouvernance et des risques pour Golf Australia, venait pourtant de dispenser une intervention d’une heure consacrée aux exigences de la gouvernance moderne et à l’impératif d’égalité hommes-femmes au sein des instances dirigeantes.
Sitôt cet exposé achevé, les quatre représentantes du sous-comité féminin — Sue Thek (présidente), Jo Cohen, Julia Trafford (secrétaire) et Michelle Trewin (vice-capitaine) — ont appris que leur désignation prononcée cinq mois plus tôt était invalidée. L’instance dirigeante comptait alors treize membres masculins.
La justification du président Craig Atkins contestée par les intéressées
Pour le président du club, Craig Atkins, la mesure relevait d’une stricte nécessité juridique, qualifiant par ailleurs la polémique de storm in a teacup
. Il a affirmé que ces personnes avaient été nommées de manière inappropriée en raison d’une erreur dans les statuts et qu’ils avaient dû corriger cette erreur.
Craig Atkins, président du Camberwell Golf Club, a soutenu qu’elles avaient été nommées de manière inappropriée en raison d’une erreur dans les statuts et qu’ils avaient dû corriger cette erreur.
Le président a également indiqué que les femmes avaient été invitées à réintégrer le comité par le biais d’un processus juridiquement valide, affirmant qu’elles avaient quitté la séance prématurément. Une version vigoureusement rejetée par Julia Trafford, qui a déclaré qu’il s’agissait d’un coup monté et qu’elles avaient été prises en embuscade par le président.
Dans un courriel adressé aux adhérents, les quatre femmes ont répliqué en soulignant une contradiction majeure dans la ligne de la présidence :
Sue Thek, Jo Cohen, Julia Trafford et Michelle Trewin, membres du comité féminin, ont fait valoir que l’ironie voulait que ce soit le président Atkins lui-même qui, lors de la réunion du comité général du 14 avril, eût créé les quatre postes temporaires au sein du comité pour le Camberwell Ladies Golf Club nouvellement fusionné.
Le texte relève en outre que plusieurs solutions alternatives existaient pour purger la prétendue irrégularité constitutionnelle — telles qu’une ratification formelle par le comité, un vote lors de l’assemblée générale de novembre ou la convocation d’une réunion extraordinaire. Selon les signataires, aucune de ces options n’avait été présentée par le président Atkins et sa seule réponse fut de prononcer leur destitution immédiate sans le moindre préavis écrit.
La position de Golf Australia sur la parité dans les instances dirigeantes
Du côté de l’instance nationale, Damien de Bohun, directeur général des infrastructures de jeu pour Golf Australia, a souligné que la composition des conseils d’administration devait impérativement refléter la sociologie des membres.
Damien de Bohun, directeur général des infrastructures de jeu pour Golf Australia, a affirmé qu’il était impossible de bâtir une discipline accueillante et inclusive si les personnes qui prenaient les décisions au niveau des clubs ne reflétaient pas les membres qu’elles desservaient.
L’organisme national a rappelé que l’accompagnement prodigué à Camberwell visait précisément à moderniser les statuts et à garantir une représentation féminine significative, conformément aux orientations nationales de la discipline menées conjointement avec l’Institut australien des administrateurs de sociétés. Les observateurs et les membres attendent désormais de voir si le conseil municipal de Boroondara interviendra pour exiger une révision des procédures de nomination au sein de l’infrastructure publique.