Les avocats d’Elon Musk ont adressé une mise en demeure aux producteurs du documentaire Musk
d’Alex Gibney, avant sa présentation à la Mostra de Venise. Le milliardaire menace de lancer des poursuites en diffamation contre les distributeurs, reprochant au film de quatre heures de dresser un portrait à charge et de suggérer de prétendues manipulations électorales.
Une mise en demeure de l’avocat Alex Spiro contre le film d’Alex Gibney
La tension est montée d’un cran autour de la biographie filmée consacrée au milliardaire. Quelques jours avant la projection du long métrage, l’avocat Alex Spiro a adressé une mise en demeure aux producteurs. Dans une lettre datée du 3 septembre, les conseils d’Elon Musk ont adressé une mise en demeure aux producteurs d’un documentaire de quatre heures. Le document reproche au réalisateur oscarisé Alex Gibney d’avoir bâti son travail sur des conclusions préétablies plutôt que sur une enquête impartiale, tout en l’accusant d’avoir refusé toute démarche de vérification auprès de l’intéressé ou de son entourage.
Le projet, simplement intitulé Musk
, a fait sa première mondiale lors de la 83e Mostra de Venise avant d’être programmé au Festival international du film de Toronto. Produit par HBO, le film de trois heures et quarante-cinq minutes retrace l’ascension de l’entrepreneur né en Afrique du Sud, depuis ses débuts dans la Silicon Valley au début des années 2000 jusqu’à son statut d’homme le plus riche du monde et ses ambitions de coloniser Mars.
Menaces de poursuites en diffamation et frictions autour de l’élection de 2024
Les représailles juridiques brandies par le clan Musk ciblent directement plusieurs grands noms de l’industrie. Les avocats ont averti que des poursuites en diffamation pourraient être engagées contre les producteurs et distributeurs du film, visant en particulier HBO, Bleecker Street et Universal.

Au cœur de la discorde se trouve une séquence précise consacrée à l’élection présidentielle américaine de 2024. La mise en demeure reproche au long métrage de suggérer un lien direct entre les satellites Starlink de l’entrepreneur et de supposées manipulations du scrutin. En parallèle, Elon Musk a multiplié les publications critiques sur X, plateforme dont il est propriétaire, qualifiant le travail de Gibney de pamphlet ennuyeux et raté.
De son côté, la société de production Jigsaw a défendu son travail dans une déclaration transmise à la presse, affirmant que l’examen critique des personnalités publiques influentes relève de la protection accordée par le Premier amendement de la Constitution américaine.
Un portrait au vitriol entre critique du capitalisme et polémiques privées
À Venise, la presse spécialisée n’a pas tardé à commenter la teneur du documentaire. Le magazine Variety a qualifié le projet de portrait au vitriol, tandis que Deadline a estimé que le film étrillait Musk, dépeint tour à tour comme mesquin, narcissique, mégalomane et cruel. En conférence de presse, Alex Gibney a comparé l’approche du milliardaire à celle d’un promoteur boursier sans scrupule, estimant que ses ambitions initiales ont basculé dans une forme de corruption au service d’une cause jugée noble.

Brûlez tout, forez à tout
Alex Gibney, réalisateur, via Le Devoir
Le film aborde également la vie privée du propriétaire de Tesla, évoquant notamment le fait qu’il est le père d’au moins quatorze enfants nés de plusieurs relations. Le documentaire intègre des témoignages et des éclats sur la structure familiale de l’entrepreneur, tandis que d’autres intervenants de la sphère politique et conservatrice expriment leurs regrets passés quant à leur proximité avec les cercles d’influence du milliardaire.