La restauration française fait face à une crise profonde avec la fermeture de vingt-cinq établissements par jour, sur fond de flambée des charges et de rentabilité réduite. Thierry Marx, président de l’UMIH, a averti fin août 2026 qu’une hausse de la TVA constituerait une ligne rouge inacceptable pour la profession.
Derrière les façades soignées et les salles de service impeccables, le quotidien de la restauration hexagonale est devenu un exercice d’équilibriste permanent. Entre l’envolée des factures d’électricité, la hausse des prix des ingrédients, la pression des loyers et l’alourdissement des charges sociales, les marges nettes des gérants fondent pour stagner entre 2 % et 3 %. Une situation critique que l’actualité politique récente vient raviver, alors que certaines voix envisagent de mobiliser la fiscalité pour financer la protection sociale.
Thierry Marx et l’UMIH alertent sur 25 fermetures quotidiennes
Invité sur le plateau de LCI le 27 août dernier, Thierry Marx a tiré la sonnette d’alarme pour les restaurateurs confrontés à la fragilité des établissements traditionnels. Le chef doublement étoilé et dirigeant de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie a rappelé un chiffre marquant : 25 restaurants ferment chaque jour en France
, selon ses déclarations rapportées par la presse spécialisée.
Je pense que la charge est trop lourde sur les patrons et les salariés. Quand un salarié gagne 3.000 euros bruts, cela a coûté 6.000 euros à l’employeur, et le salarié n’en touche réellement qu’un peu plus de 2.000 euros.
Cette pression financière pèse lourdement sur un secteur qui emploie 1,6 million de salariés.
Le Medef suggère une hausse de la TVA que le secteur rejette en bloc
Dans le débat économique actuel, le président du Medef, Patrick Martin, a suggéré de relever la taxe sur la valeur ajoutée de deux points afin d’alléger les cotisations sociales pesant sur les entreprises. Une telle orientation suscite l’inquiétude immédiate des professionnels de la table. En France métropolitaine, la restauration sur place est soumise à un taux de 10 %, tandis que les ventes de produits alimentaires à emporter relèvent généralement de 5,5 %, et que les boissons alcoolisées atteignent 20 %.

Le dirigeant syndical a réaffirmé la position ferme de son organisation en précisant que cette mesure ne ferait qu’asphyxier un marché où la consommation recule déjà. Les clients modifient leurs habitudes face à l’inflation.
Entre arbitrages des clients et difficultés locales en Gironde et dans les Landes
Si la saison estivale a présenté des volumes de réservations corrects par endroits, le chiffre d’affaires n’a pas suivi le même rythme. Les consommateurs opèrent des arbitrages stricts, limitant les dépenses superflues. À cela s’ajoutent des chocs conjoncturels régionaux : en Gironde et dans les Landes, l’activité des restaurateurs a chuté de 40 % en raison des incendies dévastateurs qui ont touché la zone, nécessitant des soutiens durables pour assurer la viabilité de la saison prochaine.

Parallèlement, la structure même de la profession évolue sous l’effet d’une concurrence accrue. Le président de l’UMIH déplore une dégastronomisation
progressive du territoire, marquée par la multiplication des enseignes de restauration rapide au détriment des tables traditionnelles et des chefs indépendants.
Alors que l’élection à la tête de l’UMIH est fixée au 14 octobre et que Thierry Marx a confirmé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat, l’avenir immédiat du secteur reste suspendu aux arbitrages fiscaux du gouvernement et à la capacité des établissements à absorber la hausse continue de leurs coûts d’exploitation.