Une panne majeure du contrôle aérien britannique a cloué au sol plus de 2 000 vols et affecté des centaines de milliers de passagers. Selon les informations rapportées ce mardi, l’incident a été déclenché par un plan de vol militaire contenant des données erronées transmises au système automatisé de gestion.
La crise qui paralyse une partie du trafic aérien au Royaume-Uni met en lumière la vulnérabilité des infrastructures de navigation. La panne informatique, qualifiée de très complexe par les gestionnaires, s’est déclarée en début d’après-midi, entraînant l’arrêt complet des systèmes pendant quatre heures selon la presse régionale. Près de 1 300 liaisons ont été annulées dès la première journée, avec environ 1 300 vols annulés le mardi, et 177 l’ont encore été mercredi, presque tous à Heathrow, provoquant des scènes de chaos dans les principaux terminaux du pays.
Les données d’un aéronef militaire à l’origine du blocage
L’origine de la panne trouve sa source dans les transmissions d’un appareil militaire. D’après des sources proches du dossier citées par plusieurs journaux, un plan de vol soumis par un aéronef des forces armées a introduit des données qualifiées de spurious ou erronées dans le système de traitement des vols (FPS) opéré par NATS, la compagnie responsable de managing most UK air traffic control services. Ce flux anormal a provoqué un dysfonctionnement en cascade dans les installations gérées par National Air Traffic Services.

L’identité et le type de l’appareil militaire impliqué n’ont pas été divulgués. Interrogé sur la nature de l’incident, le ministère de la Défense a tenu à écarter toute responsabilité directe de son personnel dans la défaillance. Un porte-parole de l’institution a indiqué : « Nous ne pensons pas qu’il y ait d’indication d’erreur de la part des militaires », ajoutant que l’enquête menée sur les systèmes reste en cours pour déterminer précisément comment ces données ont interagi avec les serveurs civils.
L’absence de système de secours et la pression politique
La situation a rapidement dégénéré sur le plan institutionnel lorsque les détails de l’architecture technique ont filtré. Au milieu d’une modernisation globale de ses équipements, NATS operations officer Kathryn Leahy ayant contacté les responsables d’aéroports et de compagnies aériennes pour leur indiquer que leur système de traitement des vols ne disposait pas d’un système de secours dédié en raison d’une refonte complète des systèmes, et parce que le volume de données traitées rendait la duplication trop coûteuse.

Face à l’ampleur du désastre, la secrétaire d’État aux Transports, Heidi Alexander, qui a déclaré qu’elle ne pensait pas que le problème était inévitable, a convoqué le directeur général de l’organisme, Martin Rolfe, lors d’une réunion organisée mercredi. L’autorité ministérielle lui a donné une semaine pour faire rapport sur les causes de la panne tout en commandant un examen indépendant confié à la Civil Aviation Authority (CAA). Le dirigeant de NATS avait auparavant exclu toute cyberattaque et qualifié l’incident de situation jamais vue en 50 ans d’exploitation. De leur côté, les compagnies aériennes n’ont pas mâché leurs mots. Le dirigeant de Ryanair, Michael O’Leary, a exigé le départ immédiat de Martin Rolfe, l’accusant d’avoir menti pour sauver sa peau et qualifiant sa position d’intenable.
Des répercussions durables sur les liaisons internationales
Les conséquences opérationnelles se font sentir bien au-delà de la journée initiale de mardi. Mercredi, ce sont encore 177 vols prévus au départ et à destination des aéroports britanniques qui ont été annulés, touchant principalement l’aéroport de Londres-Heathrow selon Flightradar24. Les responsables du prévenant que le retour à la normale prendra du temps. Nats a affirmé sur X avoir résolu le dysfonctionnement et travailler le plus dur possible pour résorber le retard accumulé. La compagnie British Airways a dû détourner plus d’une centaine de vols mardi après-midi et a prévenu qu’en raison de la gravité du problème, il y aura des répercussions importantes faute d’avions et d’équipages disponibles, qualifiant l’épisode d’expérience incroyablement frustrante pour ses clients et son personnel après que des dizaines de milliers de voyageurs ont été affectés.
Les passagers bloqués sur le tarmac, à l’instar de Josie Donoghue interrogée par l’agence Press Association à l’aéroport de Londres-Gatwick après avoir dû débarquer d’un vol pour l’Irlande suite à trois heures d’attente, ont décrit la situation comme un cauchemar absolu. Cet incident rappelle la perturbation tout aussi sérieuse intervenue en août 2023, lorsqu’un problème technique avait déjà conduit à l’annulation de près de 1 600 vols dans l’espace aérien commercial britannique.