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Royaume-Uni : le défi de la communication climatique après la canicule

La canicule estivale et les feux de forêt au Royaume-Uni relancent le défi crucial de la communication climatique.

La canicule estivale et les feux de forêt au Royaume-Uni relancent le défi crucial de la communication climatique. Alors que la confiance envers les institutions s’effrite et que les responsabilités se partagent mal entre citoyens et infrastructures défaillantes, experts et associations tentent de mobiliser au-delà des clivages politiques.

Entre feux de forêt, excédents de mortalité, interdictions d’arroser et fermetures d’écoles, de nombreux Britanniques ont fait l’expérience directe des conséquences dévastatrices de la crise climatique cet été. Pour les décideurs politiques et les experts du climat, cette situation offre une opportunité unique d’engager le public sur les mesures d’adaptation nécessaires pour l’avenir. Mais alors que la confiance dans les institutions vacille et que l’herbe jaunie par la sécheresse commence à reverdir, les messages officiels parviennent-ils réellement à porter ?

Le défi des divisions politiques et de la communication gouvernementale

Cette semaine, dressant le bilan d’un été qu’il a qualifié de aussi chaud que l’enfer, le chef de l’ONU pour le climat, Simon Stiell, a tenu à rappeler que le climat est parfois perçu comme un sujet partisan, un terrain de guerres culturelles, ce qui est, selon lui, manifestement faux.

En matière politique, les experts distinguent l’atténuation (réduction des émissions) et l’adaptation (réponse aux impacts). Cependant, selon des recherches menées par l’association Climate Outreach, la population britannique ne fait généralement pas la distinction entre ces deux catégories. Les gens en parlent de manière interchangeable, explique Chris Pollard, chercheur senior chez Climate Outreach, précisant qu’environ la moitié seulement des participants à l’étude comprenaient le terme adaptation climatique.

La réaction contrastée à l’alerte rouge sévère émise par le gouvernement concernant les risques d’incendie à la mi-août a mis en lumière la nécessité d’une clarification. Alors que certains citoyens ont dénoncé une ingérence étatique excessive, d’autres ont reproché au gouvernement de ne pas se concentrer en priorité sur la décarbonation du réseau énergétique.

Responsabilité partagée et enjeux de confiance publique

Face à la multiplication des crises, la question n’est plus seulement de savoir si les citoyens comprennent les nuances politiques, mais si cette compréhension débouche sur un soutien concret aux politiques publiques. Ce que les gens veulent savoir, c’est ce qui fonctionne et comment le faire, analyse Rowena Hill, professeure de résilience, d’urgences et de science des catastrophes à la Nottingham Trent University.

Le curseur de la responsabilité reste toutefois difficile à placer. La campagne Let’s Save Water d’un montant de 75m de livres sterling, qui conseillait aux usagers de réduire leur consommation quotidienne de 28 litres, a soulevé des interrogations sur un report excessif de la charge sur les consommateurs, alors qu’une part majeure des pertes d’eau provient d’infrastructures vieillissantes et d’un manque d’investissement dans le réseau hydrique.

L’autonomisation est vraiment entravée en raison de ce manque de responsabilité claire. Rowena Hill, professeure à la Nottingham Trent University

Rowena Hill ajoute que l’approche axée sur le vous êtes responsables doit évoluer vers un nous sommes responsables. Cette exigence d’imputabilité s’inscrit dans un contexte où la confiance envers les instances politiques est au plus bas. Les sondages Ipsos menés cet été révèlent que plus d’un tiers des Britanniques estiment que le gouvernement travailliste a accompli un mauvais travail dans la gestion de la crise climatique depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024.

Rapprocher les risques climatiques des réalités communautaires

Pour rétablir la confiance, les experts estiment qu’il est indispensable de rendre les risques environnementaux tangibles et ancrés dans le quotidien des populations locales. Il s’agit de faire en sorte que la communauté comprenne ses propres risques, plutôt que de la faire entrer dans une vaste géographie d’analyse des risques, soutient Rowena Hill, qui souligne l’importance de l’environnement local pour les habitants. L’émoi suscité par l’abattage de l’arbre de Sycamore Gap illustre parfaitement cette connexion viscérale entre la population et son cadre de vie immédiat.

Pour adapter le discours, l’organisation Climate Outreach s’appuie sur la segmentation de la population britannique développée par More in Common. Cette méthode vise à identifier les valeurs partagées pour concevoir des messages capables de rassembler le plus largement possible sans aliéner de franges de l’électorat. Une stratégie appliquée sur le terrain par l’association Greener Henley, active dans la protection de la nature et du climat.

Nous faisons appel aux gens de tout l’spectre politique. Kate Oldridge, directrice exécutive de Greener Henley

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.