Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Effet télescope : les femmes dépendent plus vite aux drogues

Les femmes entrent en moyenne plus tard dans la dépendance aux substances illicites mais glissent plus rapidement vers l'addiction, un phénomène biologique et social connu sous le…

Effet télescope : les femmes dépendent plus vite aux drogues

Les femmes entrent en moyenne plus tard dans la dépendance aux substances illicites mais glissent plus rapidement vers l’addiction, un phénomène biologique et social connu sous le nom d’effet télescope. L’Office fédéral de la santé publique suisse et l’émission scientifique ARD Quarks documentent ces dynamiques contrastées face à la drogue.

L’effet télescope et la vulnérabilité biologique des femmes

De la cocaïne à une fête, de l’ecstasy à un festival ou des amphétamines en soirée: essayer une drogue ne conduit pas automatiquement à la dépendance. Mais la rapidité avec laquelle la consommation se transforme en addiction pourrait aussi dépendre du sexe. Les femmes, qui consomment globalement beaucoup moins de drogues illégales que les hommes, peuvent, dans certaines circonstances, devenir plus rapidement dépendantes.

C’est ce que souligne actuellement l’émission scientifique de l’ARD «Quarks». Ce phénomène, appelé «effet télescope» dans la recherche sur les addictions, désigne le fait que les femmes commencent en moyenne à consommer plus tard, mais peuvent passer plus rapidement des premières expériences avec une substance à une consommation problématique ou à une dépendance.

Essayer une substance illicite lors d’une fête ou d’un festival ne mène pas systématiquement à une dépendance chronique. Pourtant, la vitesse à laquelle cette consommation bascule dans l’addiction varie selon le sexe. C’est ce que met en lumière l’émission scientifique de l’ARD «Quarks» à travers le concept de l’effet télescope.

Pourquoi les femmes réagissent-elles parfois différemment aux drogues? Plusieurs facteurs pourraient l’expliquer, notamment biologiques. Les hormones sexuelles peuvent influencer la manière dont le système de récompense du cerveau réagit à certaines substances. Ce phénomène a été particulièrement bien étudié pour la cocaïne et d’autres stimulants.

Des études montrent par exemple que les effets de la cocaïne peuvent être perçus différemment selon la phase du cycle menstruel. Durant la phase folliculaire, avant l’ovulation, les effets positifs de la drogue se sont révélés plus marqués que durant la phase lutéale, après l’ovulation. La progestérone pourrait ainsi avoir un certain effet protecteur.

Facteurs psychologiques, violences et isolement social

Outre les facteurs biologiques, des facteurs psychiques et sociaux jouent également un rôle. Les études montrent notamment des différences dans les circonstances et les motivations liées à la consommation. Les femmes ayant des problèmes de drogue ont, par exemple, plus souvent un partenaire qui en consomme également.

De plus, elles présentent plus souvent des troubles psychiques associés et rapportent plus fréquemment avoir subi des violences physiques ou sexuelles. Les drogues peuvent aussi servir de stratégie d’adaptation, par exemple pour faire face au stress, à l’anxiété ou à d’autres émotions négatives.

L’Office fédéral de la santé publique cite par ailleurs les situations de vie difficiles, les traumatismes et les problèmes psychiques parmi les facteurs susceptibles de favoriser la consommation de substances. Mais le plaisir, le sentiment d’appartenance ou la volonté d’améliorer ses performances peuvent aussi motiver la consommation.

Consommation globale et réalités de l’aide aux toxicomanes en Suisse

En Suisse, les hommes consomment nettement plus souvent. Ce paradoxe apparent se reflète également dans les chiffres suisses. Si les femmes peuvent présenter des risques particuliers dans certains domaines, les hommes consomment bien plus souvent des substances illégales.

Les données démographiques les plus récentes sur la consommation de substances illégales, hors cannabis, proviennent de l’Enquête suisse sur la santé de 2022. Cette année-là, 1,9% des 15 à 64 ans ont déclaré avoir consommé au moins une de ces substances au cours des douze mois précédents. Cette proportion atteignait 2,6% chez les hommes, contre 1,2% chez les femmes.

Effet télescope : les femmes dépendent plus vite aux drogues
Photo: 20min

Les chiffres actuels de l’aide aux toxicomanes en Suisse montrent aussi une nette différence entre les sexes. Selon le dernier rapport annuel, qui porte sur les données de 2024, 595 hommes et 135 femmes ont été recensés parmi les personnes dont la cocaïne constituait le principal problème. Les femmes représentaient ainsi environ 18,5% de ce groupe.

La nette sous-représentation des femmes dans l’aide aux toxicomanes peut également s’expliquer par des obstacles spécifiques. Les experts citent notamment la honte et la stigmatisation, le manque de solutions de garde ou, pour les mères, la crainte de perdre la garde de leurs enfants en raison de leur dépendance.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.