Le premier ministre Mark Carney rassemble lundi à Toronto quelque 300 dirigeants pour attirer 1 000 milliards de dollars d’investissements étrangers. Le Québec y occupe une place modeste, avec moins d’une vingtaine de projets répertoriés dans le prospectus officiel, principalement concentrés dans les métaux et minéraux.
Le Sommet canadien de l’investissement s’ouvre à Toronto
La ville de Toronto accueille ce lundi les dirigeants des plus grandes firmes d’investissement de la planète, convoqués par le premier ministre Mark Carney. Cet événement inédit, souvent comparé à un mini-Davos canadien, rassemble environ 300 dirigeants représentant des fonds souverains, des caisses de retraite et de grands fonds d’investissement internationaux, ainsi que des représentants du secteur public. L’initiative vise à stimuler l’activité intérieure pour compenser les pertes économiques entraînées par la guerre commerciale avec les États-Unis.
Organisé en partenariat avec l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada (Investissements RPC) et l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public (Investissements PSP), ce forum de deux jours qui se tient les 14 et 15 septembre 2026 s’adresse à des investisseurs qui gèrent collectivement plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs. L’objectif avoué d’Ottawa consiste à capter environ 1 000 milliards de dollars de nouveaux capitaux étrangers au cours des cinq prochaines années.
Une participation québécoise en retrait malgré quelques grands projets
Dans ce catalogue qui recense plus de 180 projets d’infrastructures répartis dans huit secteurs stratégiques à travers le pays, la contribution québécoise demeure limitée. Moins d’une vingtaine d’initiatives trouvent leur origine dans la province, la majorité se cantonnant au secteur des métaux et minéraux. Le Québec est totalement absent des volets consacrés aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle, au manufacturier avancé ou encore aux transports.
Le secteur énergétique comprend tout de même quelques dossiers d’envergure. Le projet Kino Aski LNG prévoit la construction d’un gazoduc reliant l’Ouest canadien au port de Baie-Comeau pour exporter du gaz naturel liquéfié vers l’Europe, un investissement évalué à 23 milliards de dollars américains. Dans les énergies propres, le Projet Mauricie de production d’hydrogène vert mobilise 3 milliards de dollars de capitaux, tandis que Nano One vise à produire des matériaux actifs de cathodes de batteries lithium-ion pour un montant de 673 millions de dollars américains.
Les projets miniers de Troilus et Critical Elements sous les projecteurs internationaux
Au cœur de la présence québécoise, le secteur minier tire son épingle du jeu avec des dossiers bien structurés sélectionnés pour figurer dans le prospectus officiel remis aux participants. Corporation minière Troilus a ainsi vu son projet or-cuivre intégré au document, offrant à l’entreprise une vitrine directe auprès des investisseurs institutionnels mondiaux. Le chef de la direction de l’entreprise, Justin Reid, a également été convié à la réception de bienvenue organisée le 13 septembre.
« La sélection de Troilus pour inclusion dans le prospectus du Sommet canadien de l’investissement survient à un moment particulièrement important, tant pour notre Projet que pour le Canada. Le gouvernement fédéral déploie des efforts concertés afin d’attirer des capitaux mondiaux vers des actifs stratégiques canadiens, et nous croyons que Troilus représente précisément le type de projet à grande échelle et à longue durée de vie pouvant contribuer de façon significative à la future production d’or et de cuivre du Canada, tout en générant d’importantes retombées économiques ici même au pays. »
Photo: fr.finance.yahoo.com
Justin Reid, chef de la direction de Troilus
Le projet minier s’appuie sur un rapport technique actualisé qui table sur une exploitation à ciel ouvert de 50 000 tonnes par jour pendant environ 26 ans. La valeur actualisée nette après impôt s’établit à 3,2 milliards de dollars américains selon le scénario de base, pour des flux de trésorerie cumulatifs avoisinant les 6,9 milliards de dollars américains.
De son côté, Critical Elements Lithium Corporation participe également à l’événement grâce à la sélection de son projet Rose lithium-tantale, situé au Québec et détenu en propriété exclusive. Le chef de la direction, Jean-Sébastien Lavallée, a lui aussi reçu une invitation pour la réception d’ouverture. Ce gisement de haute pureté bénéficie déjà de l’approbation du ministre fédéral de l’Environnement et d’un bail minier délivré par le gouvernement québécois, positionnant l’entreprise comme un fournisseur potentiel pour les filières de véhicules électriques et de stockage d’énergie en Amérique du Nord et en Europe.
Une stratégie inspirée du modèle européen Choose France
La structure de ce sommet canadien s’inspire directement du modèle mis en place en France en 2018 par le président Emmanuel Macron. L’événement Choose France réunit chaque année des investisseurs internationaux pour attirer des capitaux étrangers dans divers secteurs économiques, une formule qui a permis de générer 93 milliards d’euros lors de sa dernière édition en juin 2026.
Photo: McGill University
Le gouvernement fédéral mise sur la réputation du pays pour convaincre la communauté financière internationale de financer ces infrastructures, allant des ports maritimes aux filières de minéraux critiques.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.