Le 13 septembre 2026, l’opérateur SES a achevé sa constellation en orbite terrestre moyenne avec le lancement réussi des trois derniers satellites O3b mPOWER. L’opération a été menée par une fusée Falcon 9 de SpaceX depuis le complexe de lancement 40 à Cape Canaveral, marquant un jalon décisif pour les services mondiaux de connectivité.
L’achèvement de la flotte de satellites marque un tournant majeur pour la connectivité à l’échelle mondiale. L’opérateur SES a annoncé le lancement réussi de ses onzième, douzième et treizième satellites O3b mPOWER, consolidant ainsi son infrastructure de deuxième génération en orbite terrestre moyenne (MEO).
Le vol historique de SpaceX depuis Cape Canaveral
Ce tir n’a pas seulement complété une constellation spatiale : il a aussi permis à SpaceX de franchir un cap historique. SpaceX a réalisé son 700e lancement de fusée Falcon, réparti entre 687 missions de Falcon 9 et 13 tirs de Falcon Heavy. Pour cette mission dédiée à son client commercial historique, l’entreprise a mobilisé un premier étage de Falcon 9 affichant le numéro de série B1080.
Il s’agissait du 29e vol pour ce booster en particulier, qui a notamment acheminé par le passé l’observatoire Euclid de l’Agence spatiale européenne, le satellite Astra 1P de SES, et 22 lots de satellites Starlink. Le vol a également marqué la 400e mise en orbite depuis le complexe de lancement 40, un site où SpaceX a lui-même orchestré 345 tirs.
Les conditions météorologiques au moment du départ avaient été évaluées par le 45e Escadron météorologique, qui estimait la probabilité d’un temps favorable à une favorable chance à l’ouverture de la fenêtre de tir. Les météorologues redoutaient des brises marines côtières et des risques d’averses localisées. Malgré ces incertitudes, le vol s’est déroulé comme prévu et le propulseur est allé se poser avec succès, environ 8 minutes et demie après le décollage, sur le navire-drone A Shortfall of Gravitas
stationné dans l’océan Atlantique.
Une architecture technologique conçue pour répondre à la demande mondiale
Construits par l’industriel Boeing, les trois satellites — désignés F11, F12 et F13 — possèdent chacun une masse à vide de 1 900 kilogrammes. Boeing a ainsi achevé la constellation de treize satellites pour le compte de SES, offrant une architecture entièrement basée sur la plateforme 702X dotée de charges utiles logicielles définies par logiciel.
Cette technologie permet d’ajuster en temps réel la puissance des faisceaux et de router dynamiquement la bande passante selon les besoins géographiques. Du côté de la direction de SES, on souligne l’importance stratégique de cette étape pour l’avenir des services numériques.
Adel Al-Saleh, CEO de SES, a souligné que, plus important encore, cela renforce la capacité de l’entreprise à fournir une connectivité résiliente, sécurisée et évolutive à des clients du monde entier, aidant ainsi les gouvernements, les entreprises, les fournisseurs de services infonuagiques et les clients du secteur de la mobilité à répondre à leurs besoins les plus critiques.
L’entreprise précise que les nouveaux modules permettront de fournir des débits allant de dizaines de mégabits à plusieurs gigabits par seconde vers n’importe quel point du globe. Ces capacités accrues viseront en particulier à soutenir les compagnies aériennes, les exploitants de navires de croisière, les opérateurs de réseaux mobiles, ainsi que les institutions publiques et les fournisseurs de services infonuagiques.
Les corrections techniques et le calendrier de mise en service
Le déploiement complet de la flotte n’a pas été de tout repos. Les deux premiers satellites avaient été lancés en décembre 2022, suivis par d’autres paires en avril 2023, novembre 2023, décembre 2024 et juillet 2025. Un incident technique survenu avant l’envoi des cinquième et sixième exemplaires avait toutefois mis en lumière un défaut électrique affectant la durée de vie opérationnelle et la capacité globale de ces unités.
Pour parer à cette défaillance, des modifications de conception ont été appliquées aux satellites 7 à 11, et deux unités supplémentaires ont été intégrées au plan de vol initial pour garantir la robustesse globale du système. Les performances affichées par les dix engins déjà en orbite ont confirmé la viabilité de ce choix industriel.

Les satellites F11, F12 et F13 doivent maintenant entamer leurs manœuvres d’exhaussement d’orbite, suivis de plusieurs mois de tests et de protocoles d’initialisation. La direction technique prévoit une entrée en service commercial complet pour le milieu de l’année 2027.
Du côté de l’industriel constructeur, Ryan Reid a mis en avant les avantages de cette production en série pour l’ensemble du secteur aérospatial.
Une fois pleinement opérationnelle, la constellation consolidée permettra de déployer des services vitaux dans des zones reculées dépourvues d’infrastructures terrestres adéquates, facilitant notamment la mise en place de programmes de télémédecine et d’enseignement en ligne pour les populations isolées.