Catherine Ringer, la voix électrisante du duo rock Les Rita Mitsouko, est décédée d’un cancer foudroyant dans la nuit du 14 septembre 2026 à l’âge de 68 ans. Sa disparition referme l’histoire d’un groupe mythique qu’elle avait fondé au début des années 1980 avec son compagnon Fred Chichin, décédé en 2007.
La nouvelle a été annoncée ce mardi par sa famille, plongeant le monde de la musique française dans le deuil. C’est avec une immense tristesse que la famille et les proches de Catherine Ringer annoncent son décès, emportée par un cancer foudroyant dans la nuit du 14 septembre 2026
, indique le communiqué officiel relayé par plusieurs médias nationaux. L’artiste, née le 18 octobre 1957 en banlieue parisienne d’un père artiste-peintre et ancien déporté juif et d’une mère architecte, avait quitté l’école à l’âge de 15 ans pour multiplier les expériences théâtrales, chorégraphiques et cinématographiques.
Les Rita Mitsouko : l’apogée d’un rock détonant et singulier
L’histoire du groupe bascule en 1979 lors d’une rencontre décisive à Montreuil. Catherine Ringer croise alors la route du guitariste Fred Chichin sur le plateau d’une comédie musicale, scellant un partenariat artistique et amoureux qui durera plusieurs décennies, comme le rappelle cette rétrospective culturelle. Ensemble, ils créent Les Rita Mitsouko, un nom né du mariage entre le surnom d’une effeuilleuse et un parfum de Guerlain.

Le duo s’impose rapidement comme une référence incontournable de la scène française en dynamitant les codes musicaux. Leur répertoire mêle influences rock, funk, punk, ska et rythmes sud-américains, le tout porté par une ironie mordante et une exubérance assumée. Après un premier album marquant, le groupe atteint les sommets en 1986 avec le disque The No Comprendo, qui engendre des tubes intergénérationnels tels que Andy
, C’est comme ça
et Les histoires d’amour finissent mal
. L’année 1984 avait déjà été marquée par le triomphe de Marcia Baïla
, hymne poignant dédié à la danseuse argentine Marcia Moretto, emportée elle aussi par un cancer.
De l’épreuve de 2007 à la perpétuation de l’héritage musical
Le dernier album studio du duo, intitulé Variéty, paraît en avril 2007. Quelques mois plus tard, la maladie frappe brutalement : Fred Chichin succombe à un cancer fulgurant en novembre 2007 à l’âge de 53 ans, contraignant le groupe à interrompre sa tournée. Malgré la douleur, Catherine Ringer choisit de remonter sur scène pour achever les concerts seule, avant d’observer une période de pause. C’est grâce au producteur Mark Plati, collaborateur sur leur dernier album, qu’elle renoue progressivement avec la composition, comme le détaille la couverture de France 24.
Au fil des ans, la chanteuse fait vivre l’œuvre des Rita Mitsouko sur scène, s’entourant parfois de son fils Raoul Chichin à la guitare. En 2019, elle célèbre à la Philharmonie de Paris les quarante ans de sa rencontre avec Fred Chichin. Plus récemment, elle s’était illustrée dans la déclamation poétique, confiant à l’AFP son amour pour le rythme des mots et l’improvisation en rimes en plein concert.
Hommages unanimes de la classe politique et du monde artistique
Dès l’annonce de sa disparition, les hommages se sont multipliés à travers le pays. Le président de la République a salué la mémoire d’une artiste inclassable sur le réseau social X, soulignant son empreinte unique :

Catherine Ringer avait fait de sa voix un théâtre et de chaque chanson une liberté. Avec Fred Chichin, elle avait donné aux Rita Mitsouko un son et des couleurs sans pareils.
Emmanuel Macron, président de la République, via Franceinfo
La ministre de la Culture a rappelé que la chanteuse avait fait danser des générations entières
de Deauville à Paris. Des figures du rock et de la scène française, à l’instar du batteur Richard Kolinka et du spécialiste musical Philippe Manœuvre, ont également salué une bête de scène hors norme, dont les concerts s’apparentaient à de véritables événements artistiques, selon les témoignages recueillis par Franceinfo. Consécration de cette immense carrière, elle avait notamment été sacrée artiste-interprète féminine de l’année aux Victoires de la musique en 2012.