Auditionné par le Sénat ce mercredi 16 septembre 2026, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a reconnu des dysfonctionnements et un manque de transparence de la ville face aux violences sexuelles dans le périscolaire, exprimant ses plus profonds regrets alors que plus de 230 enquêtes pénales sont en cours.
L’audition s’est déroulée ce mercredi 16 septembre 2026 devant la commission d’enquête et la mission d’information du Sénat. L’élu socialiste Emmanuel Grégoire, qui fut adjoint à l’Hôtel de ville pendant dix ans, dont six comme premier adjoint, avant de rejoindre l’Assemblée nationale en 2024 puis d’être élu maire en 2026, a pris la parole pour répondre des manquements constatés dans les structures d’accueil des enfants.
Audition d’Emmanuel Grégoire au Sénat et reconnaissance des failles institutionnelles
Devant les parlementaires de la chambre haute, le maire de Paris a formulé de lourds aveux concernant la gestion passée des services municipaux. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, qui a également été adjoint aux ressources humaines, a exprimé sa tristesse et sa culpabilité face aux affaires qui touchent les crèches et les écoles primaires de la capitale. Il n'y a pas une minute où je n'éprouve pas un sentiment de gravité, de tristesse et de culpabilité par rapport à ce qui se passe et par rapport à ce qui s'est passé
, a-t-il ajouté.
Je tiens à vous dire mes plus profonds regrets. Personnels d'abord, ceux de la ville de Paris aussi, que je représente institutionnellement
, a déclaré Emmanuel Grégoire. L’édile a également validé le constat formulé la veille par son prédécesseur. L’ancienne maire Anne Hidalgo, visée comme son successeur Emmanuel Grégoire par des investigations pénales à la suite des plaintes de plusieurs familles, avait reconnu lundi que les institutions [avaien]t failli
dans cette affaire et avait évoqué mardi devant les sénateurs un échec collectif
de l’ensemble des institutions.
Transparence et obligations de recrutement dans le collimateur
Interrogé sur les manquements administratifs, Emmanuel Grégoire a dit que la ville de Paris a pu manquer de transparence
, notamment parce que les réunions publiques n'étaient pas systématiques avec les parents et les collectifs
. Il a développé son propos en reconnaissant qu’il y a eu des failles collectives, dans le dysfonctionnement, dans le manque de transparence, dans le manque d'application ou de rigueur d'application des procédures
, et a admis : Il y a eu clairement des dysfonctionnements et des failles dans les dispositifs mis en œuvre.

Sur le plan strictement réglementaire, le maire a tenu à défendre le bilan de son administration en matière de gestion du personnel. L’édile socialiste, qui fut chargé des ressources humaines jusqu’en 2017, a assuré que la Ville n'a jamais été prise en défaut sur le respect des obligations légales de recrutement [d'animateurs] que lui impose le législateur
.
Suspensions d’animateurs et plan d’action de 20 millions d’euros
Face à la gravité de la situation judiciaire — plus de 230 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements — la municipalité met en avant des chiffres alarmants et de nouvelles mesures. La ville est décidée à tout faire pour que cela ne se reproduise plus jamais
, a aussi admis l’élu socialiste.
Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus par la ville de Paris, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes, un chiffre traduisant un caractère « systémique » selon le maire.
Pour tenter de redresser la situation, Emmanuel Grégoire, qui a plaidé en disant Oui nous pouvons faire mieux, ce n'est pas suffisants et j'ai pris des mesures spectaculaires depuis que je suis maire
, a rappelé avoir engagé en avril un plan d’action à 20 millions d’euros sur les violences sexuelles dans le périscolaire.