Ce projet de reconstruction post-séisme, conçu par l’architecte Salima Naji, associe architecture durable et partenariat public-privé pour désenclaver treize villages.
La rentrée scolaire 2026 dans la province d’Al Haouz s’accompagne d’un équipement structurant majeur pour les familles rurales. Situé à 2 100 mètres d’altitude, le nouveau lycée collégial du plateau de Timenkar, dans le village d’Aourir, a officiellement ouvert ses portes aux élèves, marquant une étape concrète dans le processus de reconstruction engagé après le séisme destructeur de 2023.
Un établissement conçu pour désenclaver treize villages
L’établissement scolaire dessert un vaste bassin de vie rural englobant treize villages de la région. Sur les 346 élèves inscrits pour cette première année, 54 % sont des filles, un chiffre particulièrement notable pour l’accès à la scolarité dans ces zones reculées de montagne.
D’une superficie construite de 984 mètres carrés, le collège dispose d’infrastructures adaptées aux besoins pédagogiques actuels. Les élèves et le corps enseignant disposent de cinq salles de classe, d’une salle multimédia, d’un espace dédié aux travaux pratiques, d’une bibliothèque et d’un espace sportif. Une maison des enseignants a également été aménagée sur place pour loger le personnel pédagogique exerçant en altitude.
Architecture durable et savoir-faire artisanaux locaux
La conception architecturale de l’établissement se distingue par son ancrage patrimonial et environnemental. Œuvre de l’architecte et anthropologue Salima Naji, le bâtiment fait appel à la pierre locale et aux techniques issues des savoir-faire artisanaux traditionnels. Cette approche privilégie une architecture durable qui concilie respect du patrimoine montagnard et modernité des usages.
L’inauguration officielle, qui s’est déroulée le 7 septembre, a rassemblé les autorités locales, les partenaires du projet, des enseignants, des familles ainsi que des artisans et des habitants de la région. La journée a été rythmée par la visite des locaux, des distributions de cartables aux collégiens, des plantations d’arbres et une traditionnelle cérémonie du thé offerte par la population.
Un modèle de partenariat public-privé et associatif
La réalisation de ce collège illustre l’efficacité d’une mobilisation collective associant acteurs institutionnels et de la société civile. Le financement global a notamment bénéficié de l’apport du Fonds de dotation Mécénat Servier, qui a contribué à hauteur de 500 000 euros. L’Heure Joyeuse a assuré le rôle de tiers de confiance pour le suivi financier et la coordination générale du chantier.

Le montage opérationnel s’appuie également sur l’Association Tizi N’Oucheg de Développement, maître d’ouvrage du projet, tandis qu’Open Village en a assuré la maîtrise d’ouvrage déléguée, en lien étroit avec la Direction provinciale de l’Éducation nationale d’Al Haouz. Au-delà des murs, ce chantier démontre que la reconstruction post-séisme mise sur l’éducation comme levier principal d’avenir pour la jeunesse locale.