Des barrières ont été érigées mercredi autour du Kennedy Center à Washington, au lendemain d’un vote du conseil d’administration prévoyant la fermeture du bâtiment pour rénovation. Cette décision survient alors qu’un juge fédéral a rejeté les projets de l’administration Trump visant à apposer le nom du président sur l’édifice.
Des clôtures métalliques ont été installées le mercredi 16 septembre 2026 autour du bâtiment principal du John F. Kennedy Center for the Performing Arts, à Washington selon les informations publiées par la presse. Cette mesure concrétise la décision prise la veille par le conseil d’administration de l’institution, aligné avec le président américain Donald Trump, de fermer la plus grande partie du centre artistique pour travaux.
Le timing de cette fermeture suscite de vives tensions politiques et des inquiétudes parmi les défenseurs de la culture. Le vote du conseil d’administration est intervenu juste après qu’un magistrat fédéral a bloqué une série de propositions visant à modifier l’identité visuelle et la dénomination du site.
Le rejet judiciaire des projets de renommage par le juge Christopher Cooper
Les tensions actuelles trouvent leur origine dans les modifications voulues par la direction du centre. Le conseil d’administration avait voté en août dernier pour inscrire sur la façade du bâtiment une mention proclamant que le John F. Kennedy Center for the Performing Arts avait été restauré et rénové par le président Donald J. Trump.
Le projet prévoyait également qu’en cas de réussite de la collecte du Trump Kennedy Center Fund, une seconde inscription soit ajoutée pour indiquer qu’il était doté par le fonds du même nom, tandis que la place située devant le complexe artistique devait être rebaptisée en l’honneur du président républicain.
Cependant, toutes ces initiatives ont été stoppées net. Le juge de district américain Christopher Cooper a statué que rien ne pouvait être entrepris sans l’approbation du Congrès, rappelant par ailleurs dans une décision antérieure rendue en mai que l’ajout initial du nom du président sur la façade était illégal et ordonnant son retrait.
L’affrontement entre la direction et les opposants politiques sur fond de travaux de sécurité
Face à ce revers judiciaire, la direction a invoqué la nécessité de réaliser des chantiers d’infrastructure. Donald Trump a affirmé sur les réseaux sociaux que cette fermeture était indispensable pour mener à bien des réparations liées à la sécurité. Il a précisé que les fonds nécessaires, s’élevant à 257 millions de dollars, ont été alloués par le Congrès, tout en subordonnant la réalisation effective de ces travaux à l’autorisation d’apposer son nom sur l’édifice.
Cette position a immédiatement provoqué une riposte de l’opposition. La représentante démocrate de l’Ohio Joyce Beatty, membre ex-officio du conseil d’administration du centre et opposante notoire à l’ajout du nom présidentiel, a eu un échange verbal tendu avec Donald Trump lors d’une réunion virtuelle du conseil. Elle a ensuite demandé l’organisation d’une audience judiciaire d’urgence afin de qualifier la mesure de fermeture d’illégale pour le Kennedy Center.
Roma Daravi, porte-parole de l’institution, n’a pas répondu aux demandes de commentaires formulées par les journalistes, mais elle a défendu la mesure sur les réseaux sociaux, affirmant que le président continuait de soutenir cette grande institution américaine alors que les batailles juridiques interrompaient les progrès accomplis pour la sauver.
Les craintes de démolition et le précédent de la Maison-Blanche
L’accès au complexe étant désormais totalement bloqué aux piétons et aux véhicules, les militants associatifs craignent que la situation ne devienne irréversible. Laura Bligh, qui a participé à des rassemblements organisés par le groupe de défense Hands Off the Arts, exprime la crainte qu’une partie ou la totalité du bâtiment ne soit détruite avant la fin des procédures judiciaires en cours.
Pour justifier cette méfiance, les opposants rappellent les transformations menées récemment dans la capitale fédérale par l’administration. Des équipes de construction ont ainsi démoli l’aile Est de la Maison-Blanche pour la remplacer par une vaste salle de bal, un chantier estimé à 250 millions de dollars. Donald Trump a également formulé des projets prévoyant l’édification d’un arc de triomphe près du cimetière national d’Arlington et la rénovation d’un terrain de golf le long du fleuve Potomac.
Les inquiétudes se sont intensifiées lorsque les équipes juridiques représentant Joyce Beatty ont tenté d’accéder au site. Un collaborateur juridique s’est vu refusé l’entrée par les agents de sécurité postés aux abords, lesquels ont indiqué que le bâtiment était totalement fermé au public pour des motifs de sécurité et que des travaux intérieurs avaient débuté.
Dans un document judiciaire déposé auprès de la juridiction fédérale, les avocats de la parlementaire ont exprimé leurs craintes que les défendeurs n’aient l’intention d’entreprendre des démarches immédiates afin de rendre l’accès du public pratiquement impossible dans un avenir prévisible, notamment en démolissant les voies d’accès publiques au bâtiment, et d’éluder ainsi l’ordonnance du tribunal.
Le juge Christopher Cooper a ordonné à la direction du Kennedy Center de répondre par écrit aux requêtes de la plaignante, tout en confirmant qu’il planifierait une audience rapide si les circonstances l’exigeaient.