La reprise de la pièce Golden Boy, écrite à l’origine par Clifford Odets en 1937, interroge la valeur de la réussite et les choix de vie à travers le parcours de Joe Bonaparte dans un montage mis en scène par Sam Yates. L’acteur Josh O’Connor donne une performance remarquable en incarnant ce jeune violoniste prodige qui choisit de troquer ses instruments contre une carrière de boxeur professionnel, attiré par la promesse de voitures de luxe et d’une ascension sociale rapide.
L’ambition et les dilemmes de Joe Bonaparte sur la scène de l’Almeida Theatre
Dans cette production présentée à l’Almeida Theatre, le personnage central hésite d’abord à porter des coups risquant d’endommager ses mains d’artiste. L’arrivée du manager vénal Tom Moody, campé par Daniel Mays, et de sa maîtresse Lorna Moon, jouée par Hayley Squires, entraîne le protagoniste au cœur d’un triangle amoureux complexe. L’entrée en scène du gangster Eddie Fuseli, interprété par Zubin Varla, achève de le convaincre d’embrasser la violence des rings pour empocher de larges gains financiers.
Une mise en scène entre modernité et mélodrame
La scénographie de Rozanna Vize accueille les interventions musicales d’un quatuor à cordes jouant une partition signée Isobel Waller-Bridge, servant de motif visuel et sonore tout au long de la représentation. Pour certains critiques, cette production souffre toutefois d’un texte qui a vieilli et d’une lourdeur thématique évidente. Tandis que le premier acte retient solidement l’attention du public, la dernière demi-heure sombre dans un mélodrame bruyant, caractérisé par des excès d’intensité vocale.
Un écho contemporain aux figures de la célébrité
Les critiques soulignent la pertinence du propos face aux dérives de la culture de la célébrité actuelle, comparant le destin tragique des jeunes boxeurs sacrifiés par des entrepreneurs opportunistes à celui des personnalités issues de la télé-réalité ou des frères Paul et KSI sur les rings modernes. La pièce expose sans fard les mécanismes par lesquels les talents sont consommés puis rejetés par le milieu du divertissement.
