Une grève de vingt-quatre nuits des contrôleurs aériens de l’entreprise Skeyes à l’aéroport de Charleroi perturbe l’activité à partir de ce mercredi 16 septembre 2026. Le mouvement, qui découle d’un désaccord salarial sur les primes de nuit, entraîne déjà l’annulation de dizaines de vols de la compagnie Ryanair.
Un conflit salarial sur fond de primes de nuit chez Skeyes
Les négociations entre la direction de Skeyes et les syndicats ont achoppé sur la question des rémunérations nocturnes. Un syndicat de contrôleurs aériens du BSCA avait déposé un préavis de grève dès la fin du mois de juillet dernier. Depuis, les deux parties se sont rencontrées à cinq reprises pour tenter de trouver un terrain d’entente. Les contrôleurs de l’aéroport wallon revendiquent l’alignement de leurs primes de nuit sur celles perçues par leurs collègues de Liege Airport.
La dernière réunion de médiation, qui s’est tenue ce lundi, s’est soldée par un échec. La direction de l’entreprise chargée du contrôle aérien en Belgique a estimé que le temps de travail nocturne à Charleroi ne pouvait être mis sur le même plan qu’à Liège, l’infrastructure charleroi fermeture nocturne à l’appui n’affichant pas la même configuration d’exploitation. Face à ce désaccord persistant, le personnel a décidé d’activer le préavis déposé en juillet, programmant des arrêts de travail de vingt-quatre nuits consécutives, du 16 septembre au 10 octobre, de 22 heures à 8 heures du matin.
Des dizaines de liaisons Ryanair supprimées dès le premier jour
Bien que la grève nocturne commence officiellement à 22 heures ce mercredi, l’impact sur le terrain s’est fait sentir dès la journée. Près de trente vols de la compagnie Ryanair ont déjà été supprimés pour la seule journée de mercredi, selon les données relayées par la plateforme aéroportuaire.

Dans le détail, quatorze liaisons aller-retour ne sont pas assurées. À partir de 16 heures 10, les liaisons au départ et à l’arrivée de Bucarest, Brindisi, Ibiza, Palma, Podgorica, Madrid, Venise, Bologne, Prague, Turin, Manchester, Stockholm, Tirana et Palerme ont été annulées. Le mouvement perturbe également la matinée de jeudi, pour laquelle huit rotations supplémentaires prévues entre 6 heures 25 et 7 heures 20 ont été rayées des tableaux, concernant notamment Helsinki, Valence, Barcelone, Kaunas, Budapest, Cluj-Napoca, Pise et Venise.
Des divergences sur le nombre total de passagers touchés
L’ampleur globale de ce mouvement social suscite des estimations contrastées entre les autorités politiques et les gestionnaires de l’infrastructure. Dans une communication écrite, la ministre wallonne en charge des Aéroports, Cécile Neven, a déclaré que le conflit frappe directement l’aéroport de Charleroi, ses partenaires et jusqu’à 300.000 passagers
.

Ce mouvement de grève pourrait toucher jusqu’à 150.000 passagers au total. On parle d’un peu plus de 5500 passagers par jour.
Porte-parole, BSCA
Du côté de l’entreprise qui gère le contrôle aérien, les projections font état de 832 mouvements affectés, répartis entre 487 vols du matin et 345 vols de nuit. La direction justifie l’impact sur les premières liaisons matinales par le fait que les appareils immobilisés hors de la base pendant la nuit ne peuvent pas assurer les rotations prévues au départ de Charleroi à l’aurore.
La réaction de la direction de l’aéroport et consignes aux voyageurs
La direction du Brussels South Charleroi Airport a vivement déploré cette mobilisation, qualifiant la situation d’une prise d’otages. L’entité a rappelé qu’elle demeure étrangère aux tensions sociales internes qui secouent Skeyes, tout en exhortant les deux parties à renouer le dialogue sans délai.
Face à ces perturbations, les autorités aéroportuaires et les services de contrôle recommandent à l’ensemble des voyageurs dont un vol est programmé en soirée ou tôt le matin entre le 16 septembre et le 10 octobre de vérifier le statut actualisé de leur vol directement auprès de leur compagnie aérienne avant de se rendre sur les sites d’embarquement.