Le polémiste Dieudonné a été condamné ce jeudi 17 septembre à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique et à 5 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris. Il est reconnu coupable d’apologie du terrorisme et d’injure envers le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Une trente-cinquième condamnation marquée par l’apologie du terrorisme
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine de six mois d’emprisonnement sous forme de détention à domicile avec bracelet électronique à l’encontre de Dieudonné M’Bala M’Bala, assortie d’une amende de 5 000 euros et d’une période d’inéligibilité de trois ans, selon les détails rapportés par la presse. La justice lui ordonne également de verser 1 000 euros de dommages et intérêts à l’Organisation juive européenne, ainsi qu’un euro symbolique au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Les magistrats se sont penchés sur plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux. Le premier volet des poursuites visait une vidéo publiée sur X le 7 octobre 2024, date marquant le premier anniversaire de l’attaque du Hamas sur le sol israélien qui a entraîné la mort de plus de 1 200 personnes côté israélien, en majorité des civils. Dans cette séquence de deux minutes visionnée un million de fois, le sexagénaire qualifiait l’événement de date merveilleuse, extraordinaire, féerique
avant d’affirmer qu’il célébrait l’anniversaire de sa fille née quinze ans plus tôt à la même date, indique un compte-rendu de l’affaire.
L’artifice rhétorique rejeté par les juges du tribunal
Le tribunal a balayé l’argumentation de la défense en qualifiant cette mise en scène d’instrumentalisation. Les juges ont estimé que ce procédé rhétorique, construit sur un artifice, lui permettait ainsi de présenter sous un jour très favorable les attaques terroristes du 7-Octobre. Une analyse similaire a été retenue concernant une autre vidéo parue après l’incendie ayant visé la synagogue de La Grande-Motte en août 2024, dans laquelle le prévenu suggérait que le feu pouvait constituer une réponse à la haine et au racisme déversés sans retenue par certains juifs de France depuis le 7 octobre
, caractérisant selon le tribunal une apologie du terrorisme
.

Durant l’audience du 17 juin, la défense avait plaidé la carte de l’humour noir. Je suis un humoriste.
Je ne suis ni un homme politique, ni un intellectuel, ni un sociologue.
L’intéressé avait en outre déclaré : Mon univers c’est la dérision, la saille drolatique, et parfois le mauvais goût.
Des injures publiques visant l’ancien préfet de police
En plus des accusations liées à l’apologie du terrorisme, la condamnation intègre un volet pour injure publique visant directement Laurent Nuñez. Les faits remontent à la période où ce dernier occupait les fonctions de préfet de police de Paris, à la suite d’un énième arrêté d’interdiction d’un de ses spectacles.

Dans cette séquence où son visage apparaissait déformé par un filtre grotesque, l’humoriste avait pris à partie le représentant de l’État en qualifiant ce fils de ta mère la pu… la pure ! La sainte !
et en l’enjoignant à porter [s]es couilles
afin de parler tous les deux
. Le tribunal a jugé que de tels propos franchissaient nettement la ligne rouge et dépassent les limites admissibles du droit à la liberté d’expression
.